Découverte du Morvan et du Nivernais

Posté par Jean-Jacques le 13 juillet 2011

Pour ce pont de 4 jours du 14 juillet 2011, qui s’annonçait radieux mais que les prévisions météo nuancent de plus en plus, j’avais prévu de faire une boucle cyclotouristique de découverte du Nivernais et du Morvan : Auxerre > Panneçot (par la voie verte le long du canal du Nivernais) > lac-réservoir de Pannecière-Chaumard > lac des Settons > Saulieu > Montbard

Compte tenu des prévisions météo justement (précipitations et vents)  j’ai décidé d’inverser le sens de ce parcours qui devient « découverte du Morvan puis du Nivernais » afin de commencer par la traversée du Morvan, qui promet d’être « vallonnée », et finir par la voie verte car j’en aurai peut-être plein les guibolles, qui plus est sous la pluie ou les averses depuis la veille !

Les liens vers les 4 étapes :

Revue des troupes :

  • carte routière régionale du Bibendum indéchirable et insensible à la pluie ? oui
  • de quoi manger demain (déjeuner et dîner) car on sait jamais dans ces contrées reculées de province un 14 juillet ? oui (fruits et fromage inclus) manque plus qu’un ou deux paquets de biscuits secs pour pauses énergétiques et un pain
  • flacon de gel douche/ shampoing/ lessive/ liquide-vaisselle/ savon pour les mains ? oui
  • paquet de lingettes humides/PQ parce que ça essuie mieux que du simple papier et que j’aime avoir le fondement qui brille tel une LED de phare performant ? oui
  • billet pour le TER Paris-Bercy -> Montbard de demain matin 7h20 ? ce soir en sortant du boulot
  • carte de réduction Bourgogne Liberté ? oui, achetée avant-hier, rangée dans la sacoche de guidon (= 50% de réduc’, y compris depuis ou vers Paris !)
  • préparation bagages et vélo ? ce soir avant de dormir, en essayant d’alléger car je suis tendance CULTE (Cyclocampeur Ultra Lourd et TEtu) certain(e)s cyclocampeurs(euses) de ma connaissance adeptes du voyager léger estimant d’ailleurs qu’il y a des coups de pied au culte qui se perdent…
  • vélo à démonter et emballer ? non car il voyagera entier, pas comme dans le TGV, merci le TER ! “TER, le train qui va vous plaire !”
  • billet SNCF La Barre-Ormesson – Paris-Nord ? en sortant du boulot ou à Paris-Bercy car Enghien – Paris par la route c’est pas top quand on est chargé

Compte-rendu un peu tardif (nous sommes le 26-09 !) sans photo car mon fidèle smartphone commençait à donner des signes de fatigue côté APN :

La route de Montbard à Saulieu, large et sans difficulté, est aisément parcourue. J’y traîne d’autant moins que, passé Semur en Auxois où je me suis arrêté pour acheter du pain, sur les bas côtés quelques stèles composées d’une photo et de fleurs parfois défraîchies laissent deviner que pour certain(e)s la vie n’a pas été un long fleuve tranquille. Heureusement les quelques voitures qui me dépassent le font largement et je ne me suis jamais senti en danger.Arrivé à Saulieu, je passe devant un joli restaurant accueillant mais complet : tant pis, je déjeunerai donc sur un muret au soleil du repas froid que j’avais prévu.

Rassasié, je trouve sans peine la route du lac des Settons. Elle monte, mais pas trop, me fait parfois le plaisir de redescendre pour mieux monter à nouveau : visiblement, je me dirige vers une sorte de château d’eau naturel. Je longe des plantations du Père Noël : une partie des sapins serrés les uns contre les autres se retrouvera sans doute en Ile de France, perpétuant en quelque sorte la tradition abandonnée du flottage du bois de chauffage vers Paris.

Le paysage est très vert : bois, forêts, quelques prairies et peu de voitures viennent troubler ma balade.

Après une ou deux pentes un peu plus raides que les autres, il me semble d’ailleurs qu’elles ne sont pas forcément là où la carte les indique, j’arrive en vue du lac des Settons et, un peu fatigué je le reconnais, je m’arrête dans le 1er camping venu. C’est le Camping*** de la Plage, avec piscine, quasi complet : le placier (quel luxe !) m’indique mon emplacement où je m’installe rapidement.

Comme il est relativement tôt, après m’être reposé je décide de partir faire une boucle afin de découvrir le saut de Gouloux (via les hameaux ou lieux-dits Petit Jean et Le Gros Louis) : un petit cours d’eau, le Caillot, y saute une faille rocheuse et le bassin au pied de la cascade servait de lieu de stockage pour le bois de flottage. Un parcours pédagogique explique très bien tout ça et un peu plus même. C’est aussi à Gouloux que l’on trouve un sabotier, dont je n’ai pas visité l’atelier. Au retour, je passe devant un camping municipal qui me semble bien plus sympathique que celui où je me suis installé sans trop réfléchir.

De retour au camping, après dîner et une promenade pédestre, je passe une fraîche et bonne nuit malgré le bruit que font les voisins : vive les petits campings d’habitués couche-tôt !

Au réveil vers 7h, la tente et l’herbe sont couvertes d’une telle quantité de rosée qu’on pourrait croire au déclenchement nocturne d’un arrosage automatique. Je prends donc tout mon temps pour me préparer afin de laisser la tente sècher avant de la plier.

Je pars en empruntant la sinueuse route touristique sud, très agréable qui longe sous les arbres la rive du lac. Je la quitte pour monter vers La Gutteleau. De là une looongue descente me mène rapidement au pied d’Ouroux en Morvan, joli village qui surplombe le lac de Pannecière et fut un des hauts lieux de la Résistance pendant la 2de Guerre mondiale.

D’Ouroux en Morvan, la route plonge littéralement vers le lac-réservoir de Pannecière-Chaumard, alimenté par deux cours d’eau, l’Oucière et l’Yonne. Voilà une route que je n’aurais pas aimé monter chargé. Depuis les rives du lac, la route est vallonnée, plutôt descendante et je me rapproche rapidement de Château-Chinon, croisant des cyclosportifs visiblement partis pour l’ascension des pentes que je viens de dévaler.

Surprise, Château-Chinon est une ville perchée dont l’accès se fait par une looongue montée depuis la vallée de l’Yonne. Heureusement, la perspective de la pause déjeuner me réconforte. Après un petit tour rapide à l’Office du tourisme pour obtenir la liste des campings des environs, je m’attable à la terrasse ensoleillée d’un restaurant pour m’offrir un repas simple mais roboratif.

Ma prochaine étape sera donc Moulins-Engilbert, son camping municipal et son écomusée du Morvan. J’y arrive assez facilement puisque ma montée jusqu’à Château-Chinon est récompensée par des routes globalement en descente. Je dois même veiller à modérer mes ardeurs sur ces petites routes calmes : virages avec gravillons, engin agricole croisé au détour d’une haie (heureusement que je ne me suis pas retrouvé face à lui dans un virage)

Un peu avant Moulins-Engilbert, je longe l’étang d’Escame et son camping… le long d’une route blanchie par le passage des camions sortant d’une carrière. Je trouve le minuscule camping municipal à côté du gymnase : une vingtaine d’emplacements dont seuls quelques uns sont occupés.

Arrivé tôt, j’en profite pour découvrir cette petite ville et visiter le très intéressant écomusée du Morvan et du Charolais.

Le lendemain, après avoir réglé la note de ma nuitée je prends la direction du canal du Nivernais qui va me conduire à Auxerre. Le chemin de halage goudronné en très bon état me permet de pédaler bon train mais certaines portions trop rectilignes finissent par devenir ennuyeuses.

J’arrive vite au lac de Baye qui alimente le canal que l’on doit quitter car il passe sous la « montagne » de Collancelle par les « voûtes de la Collancelle« , trois tunnels successifs de 758 m, 268 m et 212 m de longueur. La route monte au sommet puis longe la profonde tranchée au fond de laquelle passe le canal. C’est ensuite que l’on réalise être passé par le point haut du canal, lorsqu’on descend le long de l’ échelle à bateaux de Sardy les Epiry : 16 écluses qui se succèdent les unes aux autres comme les marches d’un gigantesque escalier. A vélo, attention aux « gendarmes couchés » avant chaque écluse : ils rappellent sèchement qu’il faut ralentir.

J’arrive ensuite assez vite au camping de Clamecy alors que la météo s’est dégradée : à peine la tente montée, une petite pluie se met à tomber. C’est le week-end de la fête du flottage : produits régionaux,  stands associatifs, maquettes de « train de bois flotté », expo photos…

Lorsque je repars de cette agréable ville, c’est en longeant l’Yonne. L’itinéraire cyclable passe le long d’une grosse usine, la SPCC, qui connut ses heures de gloire dans la carbonisation du bois et l’exploitation des produits chimiques dérivés (ne me demandez pas ce que c’est) détrônés par les produits dérivés du pétrole. Elle fait désormais partie du groupe Rhodia.

Cet itinéraire « dit cyclable », en fait une sorte de chemin de service constitué de nids de poule et de caillasse, met mon vélo à rude épreuve et je regrette de m’être engagé dessus. Heureusement, c’est moins long que cela ne le parait et je retrouve vite l’agréable chemin de halage.

Le canal sinueux est moins monotone que la veille,  et le point d’orgue de cette étape reste l’arrivée aux spectaculaires Rochers du Saussois.

L’arrivée aux abords d’Auxerre est, comme trop souvent, déroutante. Le balisage, impeccable jusque là, disparaît et seule ma carte me permet de trouver ma route : il semblerait que toutes les communes traversées ne soient pas décidées à jouer le jeu ? Je rencontre d’ailleurs un couple d’un certain âge (pour ne pas dire d’un âge certain) qui, sur des vélos de location, est complètement désorienté et n’arrive pas à retrouver son chemin vers Auxerre : je le leur indique sommairement et poursuis ma route sans m’attarder car nous ne roulons visiblement pas à la même allure et j’ai la contrainte d’un train à prendre.

C’est dommage car le trajet jusqu’à Auxerre même est agréable. Je trouve facilement la gare puis, comme il est encore tôt, je profite du soleil revenu pour visiter cette jolie ville que j’avais connue lors des deux mois de « classes » de service militaire effectués au CIGA (Centre d’instruction des gendarmes auxiliaires)

Pour conclure, un agréable périple gâché par deux points de détail : le contournement de Clamecy et l’approche d’Auxerre.

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Tour de France : combien ça coûte ?

Posté par Jean-Jacques le 29 juin 2011

Vous vous êtes sans doute déjà demandé « mais combien coûte le Tour aux villes qui l’accueillent ? »

 Lecteurs privilégiés de ce blog, voici une partie de la réponse :

Lettre d’information de La Gazette des Communes :  Le Tour de France, un coût mais aussi un agent de tourisme pour les collectivités locales  Par A. l’AFP – Publié le 28/06/2011dans : France 

Les collectivités locales accueillant le Tour de France doivent s’acquitter d’un prix qui correspond à un ticket d’entrée auprès de la société organisatrice (ASO), auquel s’ajoutent des frais et des dépenses annexes. 

Coût pour une ville de départ d’étape en ligne, de prologue ou de montagne et pour une ville d’arrivée : 

  • Le ticket d’entrée est un « package » que supportent la ville de départ et la ville d’arrivée à chaque étape. 
  • Il est d’environ 150.000 euros hors taxes. 
  • La ville d’arrivée de l’étape supporte 60%, soit 90.000, 
  • et la ville de départ 40% (60.000 euros). 

 Coût pour une ville de repos : 

  • Le ticket d’entrée est identique: environ 150.000 euros hors taxes. 

Coût pour une ville de grand départ : 

  • Le montant varie entre 2 et 10 millions d’euros hors taxes. Il est fonction du lieu, selon que le top départ a lieu en France ou à l’étranger. 
  • La ville de Londres d’où était partie la Grande Boucle en 2007 avait versé 10 millions d’euros à ASO. Elle avait multiplié son investissement par près de 12. 

Toutes les villes d’étape du Tour doivent effectuer des aménagements et entretenir l’infrastructure routière et les parkings d’étapes. 

Elles doivent fournir des barrières pour les deux derniers kilomètres de la course, mettre à disposition des locaux suffisamment spacieux pour installer une salle de presse pouvant accueillir 450 journalistes de presse écrite. 

Elles doivent enfin s’occuper de nettoyer les lieux après le passage de la Caravane du Tour.

Mastodonte publicitaire – Des expositions, concerts ou diverses animations sont aussi organisés aux frais des municipalités. 

Pour les trois jours de course passés sur les routes de Côte d’Armor, l’enveloppe totale consacrée par les collectivités concernées atteint près de 620.000 euros.  La facture de la ville de l’Alpe d’Huez, qui accueille l’arrivée de la 19e étape le 22 juillet, sera de 280.000 euros. 

Mais pour les collectivités, ces dépenses sont infimes comparé aux retombées économiques du Tour, véritable mastodonte publicitaire car il est diffusé dans plus de 190 pays. Le Tour est aussi un « agent de tourisme » pour les régions traversées et permet au commerce local (restauration, hôtellerie…) d’accroître son activité lors de son passage. 

Environ 250 villes se portent candidates auprès des services du Tour pour accueillir une étape chaque année.

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Enghien Dieppe et retour en cyclocamping

Posté par Jean-Jacques le 10 juin 2011

« A chacun son Everest » comme le dit une célèbre association. Le mien, c’était de faire Enghien > Dieppe et retour en cyclo-camping et autonomie totale.

Après avoir reconnu le trajet Enghien > Beauvoir-en-Lyons, tout près de Forges-les-Eaux, je suis fin prêt et la météo aussi en ce week-end de l’Ascension. Comme à mon habitude, je me lève tôt et c’est avec 20mn d’avance que je me pointe à la gare afin de prendre le train pour Méry-sur-Oise. J’hésite quelques instants avant de me dire qu’après tout, n’ayant pas à faire l’aller et retour dans la journée, je peux bien partir à vélo.

Bonne surprise, les portions de chaussée les plus dégradées par les deux derniers hivers semblent avoir été refaites et je peux rouler sans ennui jusqu’à Méry-sur-Oise puis Auvers où je coupe à droite après le pont sur l’Oise afin d’éviter une première bosse : je ne roule pas à vide !

Dans la vallée du Sausseron, 1ère pause pour remplacer par un léger polo à manches longues la veste membranée qui me tient trop chaud. Un cycliste passe devant moi. C’est dans la longue montée après le hameau de Messelan que je le rattrape et dépasse, un peu étonné. Puis en débouchant sur le plateau du Vexin, je vois sur le bas côté une feuille morte ou un chiffon agité par le vent. Ah non ! C’est un petit écureuil roux qui ne détale que lorsque j’arrive à sa hauteur. Sympa !

A l’entrée de Berville, je consulte ma carte routière pour vérifier si, en tournant à droite, je peux rejoindre facilement la D923 afin d’éviter la montée plutôt raide vers le centre du village. Au moment où je remonte en selle un cycliste me double en s’excusant de m’avoir éventuellement gêné. La route part en légère montée plus ou moins face au vent et il me largue sans peine. Ce n’est que bien plus loin, vent dans le dos en direction de Gisors, que je le double à mon tour avec un joyeux « Bonne balade ! », un peu revanchard je le reconnais (je sais, c’est pas bien… mais ça fait du bien !).

Arrivé à Gisors, après une pause expresso, je décide de passer par la D14. D’après ma carte, elle semble touristique puisque bordée d’un trait vert. Bof… Mais après un bref mais sévère raidillon, le franchissement du plateau vers la D17 et le val de la Lévrière me donne l’occasion de constater les dégâts de la sècheresse : certains champs, comme éclaboussés d’eau de javel, sont mités par de grandes tâches jaunâtres de végétation qui aura du mal à arriver à maturité.

Je fais ma pause déjeuné à Bézu-la-Forêt, minuscule village dont je n’avais pas remarqué la beauté lors de mon précédent passage.

Un peu avant, j’ai eu une petite frayeur. Après une pause pipi, j’entends « psschhh… » en repartant. Je maudis le mauvais sort, pensant devoir défaire les bagages afin de pouvoir retourner le vélo pour réparer la crevaison. Heureusement, au premier coup de frein, « pschitt ! » la feuille morte coincée dans le frein avant s’éjecte. Je poursuis alors ma route en souriant car j’ai en tête la scène de la fausse crevaison collective dans « La vache et le prisonnier ».

Le ventre plein sans excès, je rejoins la forêt de Lyons par de petites routes calmes. Je passe devant un panneau indiquant « la panne » puis un autre, « la grande panne »… en fait, pas de mauvais présages, juste deux fermes dont l’une est nettement plus imposante que l’autre. Après la ferme musée de Rome, je tourne à droite dans le rue de la Source d’où j’ai une belle vue sur la haute futaie de la forêt. Je n’ai plus aucun doute lorsque j’arrive rapidement devant le chemin forestier qui, lors de ma reconnaissance, m’avait conduit à la fameuse source avant de m’égarer quelque peu en hors piste.

Je débouche sur une route forestière, prends à gauche puis de suite à droite et… ouch ! Je ne me rappelais pas ce petit raidillon dissimulé dans l’ombre : très bref mais dur à passer car j’arrive dessus quasiment sans élan. J’enchaîne avec une dernière route forestière avant de déboucher sur la petite D241 qui monte vers Beauvoir-en-Lyons.

Arrivé à la hauteur du panneau « arbre remarquable – hêtre de la Bunodière » je décide d’aller y voir de plus près puisque, après tout, j’ai le temps. Je m’engage donc à vélo sur un sentier, plutôt une sente que ronces et orties commencent à envahir faute d’entretien et/ou de passage. Je fais demi-tour lorsque je constate que les hêtres en question, des hêtres « pied d’éléphant », mutation génétique spécifique à ces arbres hauts-normands, ressemblent fort à ceux que l’on voit en forêt de Halatte par exemple et que celui de « La Bunodière » est je ne sais où.

En débouchant du sentier, j’ai la surprise de rencontrer un cycliste. A vrai dire, c’est plutôt lui qui est stupéfait de voir sortir du bois un cyclo-campeur sur un vélo de route surchargé. C’est un retraité d’Argenteuil (ville où j’ai habité et travaillé de nombreuses années : le monde est petit !) cycliste de longue date. Suite à des problèmes de santé il prend désormais la voiture pour sortir d’Ile-de-France afin de parcourir à vélo les nombreux itinéraires balisés de Haute Normandie, région dont il ne se lasse plus… de même que de ses bistrots, auberges, gargotes improbables et leurs clients. Il a semble-t-il fait partie de la fédération de cyclotourisme. Mais il l’a abandonnée car ses membres ne seraient intéressés que par  « tailler la route sur les départementales roulantes », pas par musarder sur les petites routes de campagne ou des circuits touristiques.

Je le quitte après que trois cyclistes soient passés. Je les rattrape dans la montée vers le plateau de Beauvoir-en-Lyons. Après les avoir suivis une centaine de mètres, je constate que j’ai un rythme de pédalage plus vif stimulé par l’envie d’arriver à Forges-les-Eaux, toute proche maintenant. Je les dépasse donc peu avant de sortir de l’abri de la forêt pour affronter le vent de Nord-est. Je remercie mon vélo d’être équipé d’un cintre « course », pense à Clément qui va faire demain son brevet de 600km, indispensable à son inscription pour Paris-Brest-Paris, et lui tire d’avance mon chapeau.

Arrivé au hameau des Bas-Routeux, je coupe droit devant par une étroite rue bordée de haies impénétrables. Un chat, surpris par mon arrivée, ne peut les franchir et se voit dans l’obligation de détaler devant moi tel un Christophe Lemaitre félin jusqu’à ce que le portail d’une maison lui permette enfin de s’échapper.

Je résiste à la tentation de vérifier si la boulangerie près de l’église de Beauvoir est ouverte, passe devant l’entrée d’une ferme où un âne semble attendre stoïquement je ne sais quoi, puis, sur les conseils du cyclotouriste rencontré en forêt, m’engage dans la longue descente vers Hodeng-Hodenger. De là, la route devient quasiment plate jusqu’à la longue mais faible montée vers Forges-les-Eaux.

Le camping, bien signalé, est juste à gauche à l’entrée de la ville et tout proche de la voie verte. C’est un camping * municipal et familial à l’ancienne, au tarif imbattable (4,10 € la nuitée, taxe de séjour comprise), avec des installations un peu désuètes mais une ambiance conviviale d’habitués qui regardent défiler les clients de passage. Bien que l’après-midi soit un peu avancée, je découvre le gérant dans une grande tablée devant un mobil-home qui n’a plus grand-chose de mobile. C’est un solide normand à la moustache de gendarme d’image d’Epinal.

Il me laisse m’installer où bon me semble « On aura bien le temps de régler la paperasse d’ici ce soir », ce qui me permet de choisir un emplacement qui n’en est pas un mais offre l’avantage d’être aéré, à l’ombre et sur une pelouse moelleuse.

Après m’être installé, je constate en revenant de la douche qu’un autre cycliste a planté sa tente de bivouac à proximité de la mienne. Son vélo est un VTT « Specialized » à fourche suspendue et gros pneus auquel est attelée une remorque mono roue. C’est Jason, un jeune et solide anglais qui en a bavé pour venir de Rouen avec le vent de face. Il me confie que son vélo aurait besoin d’une réparation car affecté par du « bobeling » (ou bobbling ?) avec un petit geste de la main : une roue voilée ? Je lui réponds par un « ah… » pouvant soit laisser supposer que j’en connais long comme d’ici à Pékin sur le bobeling, soit être un aveu d’ignorance, et comme je ne donne pas suite à sa proposition implicite d’aide…

Le soir venu, en faisant ma vaisselle, je rencontre un habitué qui me confie qu’il imite si bien le chant des pigeons turcs (si, si, ça existe) et des sansonnets qu’ils lui répondent et s’approchent de lui. A mon grand regret, je ne pourrai pas le vérifier.

Après une bonne mais fraîche nuit (le vent !) je repars de relativement bonne heure sans que Jason ait montré le bout du nez : j’espère qu’il aura pu récupérer de ses efforts de la veille car s’il continue jusqu’à Calais il n’est pas sorti de la berge ! Je m’engage sur l’avenue verte que j’avais repérée la veille. Le départ n’offre pas la meilleure image : devant l’ancienne gare, un espace caillouteux où les circulations des automobiles et des vélos ne sont pas définies. Résultat, outre la crainte de crever sur un éclat de silex, pour accéder au couloir cyclable menant à l’avenue verte on peut être gêné par des voitures stationnées en rang trop serré.

Au bout d’une longue courbe montante ombragée et après deux virages en épingle et une chicane anti 2 roues motorisés (tandems et vélos avec attelage attention : manœuvre délicate) je traverse la route menant à Neufchâtel-en-Bray et au Tréport avant de rejoindre la « vraie » avenue verte à la sortie de Forges.

Elle est bien aménagée, son passé est rappelé par de nombreux signaux ferroviaires qui ont été conservés (excellente idée !) et les traversées des nombreuses petites routes de campagne sont parfaitement signalées sans pour autant être compliquées par des chicanes mal venues (pour les tandems avec remorque par exemple : j’en ai croisé 2). Par ailleurs, lorsque d’anciennes gares ne sont pas aménagées, des lieux d’accueil se sont créés ou sont en cours d’aménagement.

Seule précaution à prendre : en traversant Neufchâtel-en-Bray, faire attention aux bordures de trottoir. Bien que biseautées, elles présentent une hauteur qui, ajoutée au caniveau, m’a fait craindre la crevaison par pincement de la chambre à air : pneus bien gonflés et roulage au pas conseillés. Consciemment ou par ignorance ou négligence, le concept de « vue à zéro » n’a pas été appliqué.

Le vent, de côté ou de ¾ arrière, et les faux plats descendant me font parfois atteindre des pointes jusqu’à 40 km/h ! Mais je ralentis bientôt le rythme car j’ai du poids à emmener. Malgré tout, j’arrive rapidement à St Aubin-en-Caux d’où je rejoins Martigny par la D154 car je ne suis pas sûr que le camping des 2 Rivières soit bien indiqué depuis l’avenue verte. La personne à l’accueil me le confirmera : arrivé à la hauteur de la petite cuve hors sol d’une station d’épuration, facilement repérable à la puissante odeur qui s’en dégage, il faut s’engager dans la base nautique et franchir un portail sur un pont.

En fait, il est situé tout près d’Arques-la-Bataille dont les ruines du château se dressent sur une colline proche. C’est un camping *** municipal installé entre deux rivières, ou deux bras du même cours d’eau, dans une petite vallée plate royaume des étangs : base de loisirs et pêche. J’ai le plaisir de me voir offrir un autocollant, un stylo bille et un plan de l’avenue verte : bonne idée pour sensibiliser ceux qui ne la connaitraient pas.

Là aussi, on me permet de m’installer où je veux, « derrière la salle de jeux par exemple, il y a un saule pleureur qui vous offrira de l’ombre toute la journée ». En effet, les platanes des parcelles ayant bénéficié d’une taille sévère, ce n’est que l’an prochain qu’ils donneront un peu d’ombre.

Mais la proximité de la salle de jeux ne me séduit guère et je préfère planter ma tente derrière les bâtiments de l’accueil, au pied d’un grand noyer, sur une digue bien ombragée dominant un petit cours d’eau d’où je suis quasiment invisible des autres campeurs.

Repas de fête pour ce midi un peu passé : une copieuse portion de « paella de la mer », un demi Pont l’Evêque fermier, une banane, achetés à Arques-la-Bataille chez « Entre terre et mer », et, de la boulangerie d’à côté, une baguette Polka et un « pépito », appelé en Île de France « brioche  suisse ». Pendant que la paella chauffe, je fais quelques pas et tombe sur une belle couleuvre qui serpente tranquillement dans l’herbe haute du talus. Ce ne sera pas le seul animal que je verrai pendant mon séjour : une poule d’eau, un petit oiseau vif au chant mélodieux, un ragondin trop furtif pour avoir pu le photographier et des poissons de taille respectable dont j’aurai un mal fou à tirer le portrait à cause des reflets sur l’eau.

Rassasié, je peux envisager de partir à la découverte de Dieppe. Je choisis de m’y rendre par la route de Martin-Eglise, qui fait visiblement le tour d’un estuaire comblé par les alluvions et le long de laquelle je remarque une sympathique gargote faisant aussi hôtel.

J’arrive à Dieppe par son côté ouvrier : des maisons de ville en brique rouge sombre, comme clonées, collées les unes aux autres, et débouche du côté de l’embarquement des ferries. Plutôt que de prendre la route qui monte vers le haut des falaises avec le vent de face, je vais jusqu’au bout de la zone d’embarcadère marcher sur un sentier qui surplombe la grève. Je ne peux aller bien loin, vite stoppé par un à pic, mais la balade me donne un aperçu de la flore sauvage locale.

Je reviens ensuite, par des ponts levant (levis ?) et une rue de ceinture du port très animée, sacrifier au rite de visite de la jetée, colonisée par les pêcheurs à la ligne qui jouent les équilibristes perchés sur les murs en plein vent. Tout au bout, la mouette appointée par l’office du tourisme permet à mon téléphone portable de réaliser une photo digne d’un chasseur d’images. De retour sur la promenade du front de mer, je m’offre la spécialité Dieppoise, une glace « américaine » : 3 boules dans un cornet, « chantilly », coulis (3 parfums au choix) et petits vermicelles de toutes les couleurs !

C’est donc en complète harmonie avec mon environnement que je vais faire une petite bronzette sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés… de galets, en regardant quelques surfers tenter de prendre les vagues : la faible distance entre la ligne de formation des rouleaux et la plage leur laisse peu de chances d’arriver à quelque chose de correct.

Je vous passe les clichés : le vent du nord, la couleur émeraude, l’écume sur la crête des vagues, la houle profonde, le ressac incessant, les travailleurs de la mer rentrant au port, les cris déchirants des mouettes, etc.

Je rentre au camping après avoir grimpé la côte de la route menant au château-musée et vers les falaises au sud-est de la ville : c’est par là que j’ai prévu de passer demain matin. La nuit est bruyante. On dirait que tout ce qui couine, glapis, siffle s’est passé le mot pour s’en donner à cœur joie. Ce n’est que lorsqu’un rapace nocturne pousse soudain un grand cri que tout se calme enfin.

Le lendemain, à 8h30, je suis en route pour mon circuit « découverte du Pays de Caux » :

Dieppe, Quiberville, le val de Saane jusqu’à Gueures, Hermanville, Bacqueville-en-Caux (d’où j’ai prévu de me rendre directement à Longueville-sur-Scie en cas de coup de mou), Lamberville, St Mards, Beauval-en-Caux, Auffray, Heugleville, Longueville-sur-Scie, St Crespin, St Honoré, Torcy, Martigny.

Je flâne un peu dans le centre de Dieppe, où l’animation de la veille a été remplacée par celle d’un marché, et remarque, outre les nombreux contre sens cyclables, la façon dont une certaine forme d’hôtellerie s’est intégrée dans le patrimoine historique. Je regrimpe ensuite la montée vers la route côtière dont le dénivelé ne s’atténue qu’au niveau des bâtiments d’un immense lycée.

Je suis récompensé de mes efforts non seulement par la découverte que je suis sur un itinéraire classé « euro-véloroute » mais par la descente sur Pourville dans laquelle je ne m’arrête que le temps d’une photo depuis un virage en belvédère. Il me faut ensuite remonter vers Varengeville. Ensuite, la route est plane et j’y croise un petit groupe de cyclos du coin qui me saluent cordialement, après un curieux petit instant d’hésitation car je suis un cycliste hybride : casque à visière (plutôt VTT ça), vélo de route à pneus fins, cuissard, chaussures à cales pour pédales automatiques… mais aussi : rétroviseur de bout de cintre, porte-bagage, 2 antivols (un câble et un U), sweat-shirt non cycliste. Le plus sympathique arbore une superbe moustache en guidon… de vélo digne d’une version cycliste des Brigades du Tigre.

Je bifurque vers le phare d’Ailly. La route ressemble à une allée de parc. Effectivement, il y en a un qui la borde, avec d’énormes buissons de rhododendrons en fleur comme j’en avais vu il y a bien longtemps sur la côte ouest de l’Irlande. Le phare lui-même est une arnaque : il est bien au sommet de la falaise, mais en retrait dans la forêt. Je suis alors un panneau « chemin du sémaphore » puis, en prenant le premier chemin sur ma droite, arrive sur une sorte de balcon naturel, bien qu’ici la falaise ne soit plus à pic mais à moitié éboulée et couverte de végétation.

En repartant, je remarque un sentier dont je sais qu’il aurait tenté nombre de mes connaissances adeptes du vélo hors piste… à moins qu’il ne conduise qu’à des toilettes en plein air ?

Quiberville est un petit village étalé le long de la plage et dont l’activité de port de pêche est attestée par les nombreuses barques chargées de flotteurs surmontés de drapeaux aux couleurs codées. Juste à la sortie, je remarque une curieuse enfilade de petits appartements de location saisonnière, identiques mais chacun peint d’une couleur différente.

La route monte gentiment le long de la Saane. Un peu avant Gueures, un petit château attire mon attention : contrairement aux manoirs et autres demeures de la région, il est entièrement en pierre grise qui renforce son caractère moyenâgeux. Deux cyclos me rattrapent alors : ce sont des pros, des Raymonds (cf. lexique). En effet, ils discutent entre eux sans me saluer, leur tenue noire et grise est identique (cuissard long et maillot cycliste à manches longues), leur pédalier n’a que 2 plateaux, leur roue libre fait un bruit de crécelle et ils montent en danseuse la côte à la sortie du village.

Pour ma part je ferai deux pauses dans cette côte : une pour le refuge pour randonneurs, l’autre un peu plus loin pour photographier le paysage défiguré (vous trouvez ?) par des éoliennes. Cette deuxième pause me donne l’occasion de discuter avec un éleveur de vaches à viande « Moi, la sècheresse ne me nuit pas trop, il reste des pâtures près de la rivière. Mais ceux qui ont des vaches laitières doivent leur assurer chaque jour suffisamment de nourriture pour qu’elles puissent produire. On devrait avoir de la pluie ce soir ou ce week-end, ça va donner un coup de pouce. »

La route du val de Saane est très agréable et semble faire partie d’un circuit cycliste des rivières. De plus, la circulation automobile y est très faible, au moins en cette saison. Arrivé à Bacqueville-en-Caux, la montée vers la ville se fait sur une route où la circulation automobile semble un poil plus intense. Après un coup d’œil sur la carte et compte tenu de ma forme, je décide de continuer vers St Mards et Beauval en Caux. Je ne le regrette pas car Bacqueville vue par en bas vaut le coup d’œil et la suite de la route reste agréable et tranquille.

A la sortie d’Auffray, en direction de Longueville-sur-Scie, j’ai la surprise amusée et partagée de croiser à nouveau « big moustaches » : nous nous saluons gaiement comme deux vieux potes. La route légèrement vallonnée suit le cours de la Scie qu’elle surplombe parfois.

Arrivé à Longueville, je remarque en sortant d’une providentielle boulangerie non seulement l’annonce d’un fête médiévale le 12 juin (anniversaire de la Normandie : 911-2011) mais aussi qu’il n’y a pas que les usagers franciliens de la SNCF ou du RER qui ont des problèmes de desserte.

Jusqu’à St Crespin, la route monte progressivement en offrant un paysage étonnant : côté vallée, le plus abrupt, d’immenses sapins évoquent les Vosges, côté amont, plus doux, des hêtres comme en Ile de France. Je débouche ensuite sur un étroit plateau, la route étroite se frayant un chemin au travers d’un immense champ de blé : je me sens tel Moïse traversant la mer rouge.

Après St Honoré, la route plonge en une longue descente sinueuse vers Torcy. Bien qu’en roue libre, j’atteins rapidement une vitesse vertigineuse. La pression de l’air est terrible. Je n’ose pas ouvrir la bouche de peur d’avoir le souffle coupé et que la surpression engendrée ne se transmette à l’autre extrémité de mon auguste personne, donnant ainsi corps au dessin de Geluck qui illustre mon blog. De plus, je mets un point d’honneur à pédaler sans assistance, fut-elle à aéro-réaction.

Torcy, comme d’autres villes normandes, telle Rouxmesnil-Bouteilles à l’entrée de Dieppe, bénéficie d’un aménagement routier destiné à apaiser la circulation automobile : la route décrit des chicanes et les chaussées sont séparées par d’étroits terre-pleins. Et comme ailleurs, bien que roulant à bonne allure, à près de 30 km/h, je ralentis la faible circulation automobile. Pour autant, je ne suis pas mal à l’aise car les quelques automobilistes qui me suivent attendent sans impatience de pouvoir me doubler sans risque. Un peu avant Martigny, un panneau « cueillette de fraises », tel un clin d’œil, me rappelle ma récente balade bourguignonne.

Bien qu’il soit un peu tard, ma balade ayant pris plus de temps que prévu, je prends mon temps pour déjeuner et plier bagages puisque je sais que je rallierai rapidement Forges-les-Eaux.

Le départ est laborieux. En effet, c’est samedi après-midi. L’avenue verte est très fréquentée aux alentours de Martigny, notamment par des piétons et cyclistes du week-end ayant parfois une notion approximative du partage de cette chaussée. Je maugrée intérieurement contre ces familles qui prennent toute la place, se figeant à mon arrivée comme pour tester mes capacités d’évitement, oubliant de dire à leur gamin(e) à vélo que, même sur une avenue verte ouverte à tous, on roule en tenant plus ou moins sa droite.

Quelques kilomètres plus loin, je peux adopter une allure plus soutenue. J’ai le plaisir de croiser toute une bande de cyclistes plus ou moins costumés mais surtout pédalant sur des vélos anciens, voire très anciens. Je remarque notamment un superbe Don Camillo sur son vélo de curé et une cycliste avec remorque mono roue en osier.

Je m’offre quelques pauses gourmandes puisque, régulièrement, des plantations d’arbustes fruitiers agrémentent l’avenue verte : cassissiers et groseilliers (rouges et à maquereaux). Bien qu’ils aient souffert de la sècheresse, ils sont chargés de fruits et je remarque des riverains qui n’hésitent pas à en cueillir de pleins seaux.

Toutefois, je ne traîne pas trop : le temps semble vouloir se mettre à l’orage si j’en crois la chaleur montante et les gigantesques nuages en chou-fleur que je vois grandir à l’horizon.

Arrivé au camping, j’installe ma tente en un temps record (je commence à avoir le coup de main !) et file acheter de quoi assurer mon dîner et le déjeuner de demain. Je dîne tranquillement en contemplant les orages qui semblent vouloir contourner la région puis discute avec le gérant. Il m’apprend que le camping, condamné par une opération immobilière, devrait être reconstruit de l’autre côté de la route, derrière l’aire d’accueil des camping-cars, et passer sous statut privé : si vous voulez profiter des tarifs actuels, dépêchez-vous !

C’est vers 23h que je sens le vent se lever avec les premières gouttes de pluie. Le temps de fixer les haubans de la tente par prudence et l’orage éclate. Ceux qui réclamaient la pluie sont servis, éclairs en prime : le sol en tremble et le compteur électrique du camping disjoncte ce qui déclenche la panique chez les caravaniers.

Le matin venu, je suis bien obligé de constater que, malgré mes efforts pour sécher le double toit à grand renfort de PQ volé aux toilettes, je vais devoir plier ma tente alors qu’elle est encore humide. Un surpoids dont je me serais bien passé !

Le temps est couvert et frais, la pluie a fait ressortir les odeurs : puissante des étables, fraîche de la menthe en passant devant une maison, un peu lourde des coquelicots dans les champs. A Hodeng-Hodenger, un calicot annonce que je vais rater une course de brouettes. Un peu plus loin, dans la montée vers Beauvoir-en-Lyons, c’est un superbe escargot de Bourgogne que je sauve d’une mort certaine en le déposant dans le bas-côté de la route qu’il voulait traverser.

A Beauvoir justement, l’âne est au même endroit et, semble-t-il, dans la même position qu’à l’aller. Puis, après la venelle désormais dite « du chat sprinteur », c’est la descente vers la forêt de Lyons, Rome, Bézu-la-Forêt et Gisors. De St Denis le Ferment à St Paës, je remarque une multitude de peintres et dessinateurs le long de la route : c’est le Festival des peintres initié par le Département de l’Orne. La route de Gisors via la forêt étant fermée en raison des travaux d’aménagement du contournement routier de la ville, je rejoins Gisors par Bézu-St-Eloi et la D148.

C’est à ce moment que la pluie s’invite. J’enfile mon blouson cycliste et teste la housse de protection intégrée à mes sacoches. Elle est parfaite, puisqu’elle couvre non seulement les sacoches mais aussi le barda fixé au-dessus (la tente et les chaussures). Seul reproche, elle est noire et dépourvue d’éléments rétro réfléchissants : de couleur fluo avec quelques inserts de sécurité elle aurait-été parfaite.

La pluie cesse rapidement et c’est à la sortie de Chaumont-en-Vexin que je déjeune le long d’une route transversale. Je m’offre le luxe d’un thé bien chaud et d’une petite somnolence dans l’herbe. Reposé, ayant profité de la chaleur du soleil que je sens percer à travers les nuages, je repars tranquillement. Le temps s’éclairci progressivement, nécessitant un allègement vestimentaire. Cette fois, je continue jusqu’à Amblainville afin d’éviter la courte mais raide côte pour sortir d’Arronville (bien agréable à l’aller). La route rectiligne est roulante mais ennuyeuse : j’ai l’impression de ne pas avancer. Cependant mon calcul est juste. Sorti d’Amblainville, la route est large, peu fréquentée en cette saison et, bien qu’offrant une vue dégagée sur les alentours, la pente est raisonnable.

Je retrouve avec plaisir la longue descente vers Messelan, puis le relief vallonné jusqu’à Méry-sur-Oise où la montée vers la gare, combinée à la chaleur orageuse et à la circulation automobile qui s’intensifie, me fait opter pour une fin de parcours en intermodalité, c’est-à-dire en train.

Et bien voila, je referai avec plaisir cette balade mais je lorgne déjà vers 2 nouveaux projets :

  • rallier à Gasny, près de La Roche Guyon, la voie verte qui monte vers Gisors et revenir par le Vexin, en passant ailleurs que par la vallée du Sausseron que je commence à connaître par cœur.
  • ou acheter la carte SNCF Bourgogne Liberté et continuer à découvrir cette région

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Chalon/Saone > Mâcon : 3 jours de bonheur !

Posté par Jean-Jacques le 27 mai 2011

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Pour la fin mai, un ami lyonnais avait proposé aux membres du forum www.velotaf.com qui le pouvaient un week-end de balade tranquille en Bourgogne, de Chalon sur Saône à Macon via une voie verte aménagée sur le tracé de l’ancienne voie ferrée abandonnée dans les années 60.

 C’est ainsi que je me retrouve ce vendredi 20 mai 2011 à 6h30 dans le hall d’attente sous les quais des départs TGV de la gare de Lyon avec 2 bagages à main : mon équipement de camping et mon vélo dans sa housse de transport multifonctions, condition indispensable pour son transport gratuit (housse, bâche pour ne pas mouiller/salir/abimer le tapis de sol de ma tente, tarp éventuel pour un abri de fortune) 

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Dès le début de la journée, les bancs de brume aperçus par la fenêtre du Train à Grande Valeur annoncent des nuits fraîches tout en donnant un caractère un peu magique au paysage.

 A Chalon, je déballe tranquillement mon vélo devant la gare, le remonte (guidon réaligné, roues et pédales remontées) le charge et me voila en quête du camping du Pont de Bourgogne, choisi sur la carte envoyée par l’office du tourisme pour sa proximité avec Chalon.

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Je récupère vite une voie sur berge dans un parc qui longe une marina, puis un bras mort du fleuve et arrive pile sur le camping situé dans un cadre atypique : d’un côté le port fluvial avec son quai, ses grues et entrepôts, de l’autre la campagne. Le pont de Bourgogne (à haubans) étant suffisamment loin et la circulation faible la nuit, il ne m’a jamais dérangé, contrairement aux canards qui font la java entre 5 et 7h du matin.

 Dès mon arrivée, je constate que le room service est aussi efficace que celui d’un Sofitel new-yorkais, bien que moins séduisant. En moins de temps qu’il ne me faut pour l’écrire, la pelouse bénéficie d’une coupe réglementaire et je peux installer ma suite.

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 Au passage, petite revue de détail de mon chargement :

au guidon, petite sacoche avec outillage vélo, pompe compacte performante, gants (fins de bricolage et mitaines cyclistes), lunettes anti poussières/moucherons/etc. et le smartphone pour des photos « à la volée »

sur la barre oblique : la touche « rose girly » de mon matelas autogonflant

sur le porte bagage :

  1. la tente Décathlon « ultra light pro » de 3 kg pour 3 places (ma suite : j’aime avoir mes aises) 
  2. la sacoche cavalière Lidl à pas cher avec :
  • grande sacoche sommitale carrée (= sac détachable à bandoulière) pour la bâche, la tenue en cas de grosse pluie (des orages sont annoncés), un blouson cycliste membrané/respirant fin mais chaud pour les levers au petit matin

  • une sacoche latérale pour fringues dont un cuissard  de rechange (cyclosportif à bretelles s’il vous plait !), affaires de toilettes, mules (faciles à enfiler sans contorsions en cas de besoin pressant) parce que camper sans trainer nonchalamment la savate jusqu’aux sanitaires, c’est pas vraiment camper

  • une autre sacoche latérale pour duvet compact, popote, réservoir de gaz, lampe mixte transformable (éclairage ambiant/torche : inutile finalement)

Bref, sur ce coup, je ne suis ni un MUL (marcheur ultra léger, voir le site dédié) ni un CUL (cycliste ultra léger) mais un CCUL (non, pas « la praline » ! un cyclo campeur ultra lourd) cependant, bien qu’un peu pataud le vélo roule avec une étonnante facilité.

En montant ma tente, je constate que j’ai oublié le petit marteau pour enfoncer les « sardines ». Peu importe : le sol est suffisamment humide et meuble pour les enfoncer à la main. Ceci-dit, je profite des courses pour le déjeuner dans la ZAC d’à côté pour aller acheter un petit maillet au Bricomachintruc car je ne sais pas si à Cluny la terre ne sera plus sèche.

Avant que d’autres vélotaffeurs n’arrivent je profite de l’après-midi pour partir à la découverte de Chalon sur Saône. C’est une ville très agréable sur la rive droite du fleuve. La petite île St Laurent, sur laquelle se trouve notamment l’hôpital historique et la Tour du Doyenné, est traversée par une rue monopolisée par des restaurants offrant quasiment toutes les cuisines du monde. En tête d’un des ponts, deux édicules doivent être ce qui reste de l’octroi.

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 Le centre historique de Chalon, dont la plupart des rues sont en travaux pour recalibrage et pavage, offre aux piétons et cyclistes un bel espace de flânerie et de découvertes. Par exemple les réverbères de la place St Pierre, face à la mairie, qui contrastent par leur modernité néo-eiffellienne (ça se dit ?) avec les maisons à colombages en surplomb.

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 Je rentre au camping juste à temps pour l’arrivée des autres cyclocampeurs.

Christine et Quentin (que je connaissais déjà) en tandem tirant Zélie bien calée dans sa remorque forment un attelage spectaculaire. Laurence et Martin (que je découvre) sont eux remarquables par le nombre de leurs sacoches : 5 pour Martin, 4 plus 1 panier de guidon pour Laurence… prêts pour un tour du monde !

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Notre dîner sur l’herbe ressemble à un apéritif dinatoire copieusement arrosé, égayé par les trilles de Zélie ravie de découvrir le monde et de nouvelles têtes. Quentin et Christine nous font une démonstration de MULs (ce verre découpé dans un fond de bouteille pèse 12g, ce réchaud à alcool a été réalisé dans un fond de canette de boisson, etc.). C’est grisés de vin et d’amitié que nous allons nous coucher.

 Au petit matin, alors que le jour commence à poindre, ce sont les canards qui nous réveillent par des cancans dignes de fêtards en route pour une « after ».

Tentes démontées, vélos et remorque chargés, Audrey nous ayant rejoint avec un pain au lait dijonnais de la taille d’un demi bâtard, nous partons à la rencontre de Sylvain et Giyère qui nous attendent quelques km après le début de la voie verte, à Givry.

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Après être sortis de Chalon et avoir failli perdre Laurence partie couper à travers un parking de ZAC « oui, vas-y, ça doit rejoindre la route », la voie verte s’offre nous. Rectiligne, assez large pour circuler à l’aise à trois de front, avec un revêtement parfaitement lisse et uniforme, c’est comme un rêve éveillé pour les habitués des aménagements étriqués, mal ou pas entretenus, partant de rien pour déboucher sur nulle part sans autre logique que celle de l’effet d’annonce à l’heure des bilans.

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 Comme dirait un motard (au hasard, mon p’tit frère Olivier : « Zoom’Allure Sud », attention, ça cause pas moto mais reportages) : « une route pour pneus carrés », dont l’intérêt des retombées à été compris : j’en veux pour preuve les signalements, officiels ou publicitaires, de sites, gîtes, campings, villages, etc.

Comme prévu, nous retrouvons Sylvain et Giyère. Vent dans le dos, c’est une joyeuse bande de 8 cyclistes ¼ (Zélie !) qui s’élance comme en son temps Charles Trenet sur la nationale 7.

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Nous arrivons rapidement à Buxy, charmant gros village. A la sortie, une curiosité : la voie verte, après avoir contourné un carrefour giratoire, décrit des lacets dignes des routes de l’arrière pays niçois. Au passage, un skateboarder muni d’une longue perche nous fait une démonstration de propulsion façon pêcheur du marais poitevin en pigouille.

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 Avant la pause déjeuner, Audrey « œil de lynx » improvise quelques courtes haltes pour cueillir les fraises des bois qui poussent sur certains bas côtés. Nous aurions pu l’appeler « Charlotte aux fraises » !

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Nous prenons le déjeuner comme sur un balcon en plein vent dominant la plaine, saluant les nombreux cyclistes, rollers, marcheurs qui passent devant nous :

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  Nous reprenons notre route, franchissant une pâle ébauche de col d’où nous redescendons sur l’ancienne gare de St Gendroux le National, agréablement aménagée en halte avec point d’eau, WC, location de vélos, et un immense parking à camping-cars soigneusement alignés en rang d’oignons de telle sorte que l’auvent de l’un effleure la paroi de l’autre : déprimant !

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Christine et Quentin font chauffer de l’eau pour le café avec leur micro réchaud bizarre. En effet, pour un expresso au bistrot tout proche, il faudrait attendre un peu trop : jusqu’au 28, date de réouverture. C’est alors qu’une « camping-cariste » compatissante devant tant de dénuement propose son aide car « Vous savez, nous sommes équipés ». Sans commentaire : nous ne venons pas de la même planète.

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 Nous remontons en selle après cet ersatz des délices de Capoue : il faut songer à arriver à Cluny, mais pas trop tôt car bien que nous roulions à un rythme de sénateur, nous avançons bien trop vite pour que la balade dure encore longtemps.

Au camping municipal de Cluny, Martin négocie les emplacements, négociation terminée parait-il par un « installez-vous où vous voulez » qui nous pousse immédiatement à aller du côté fermé, bien vert et plus calme car éloigné de la salle des fêtes qui jouxte l’accueil et où se déroule un mariage. Même les TGV qui passent brièvement (c’est-à-dire à donf’) à intervalle régulier ne troublent pas notre tranquillité. Il faut dire qu’ils roulent dans une sorte de tranchée et que le trafic cesse approximativement de 22h30 à 8h.

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Pour ma part, la corde ayant servi à confectionner la « housse » de mon vélo me permet d’offrir à qui en a besoin un superbe fil à linge.

21052011potcluny2.jpgAprès un pot à une terrasse de café avant que Giyère ne nous quitte, nous faisons nos emplettes pour le dîner (bien arrosé lui aussi, mais sans excès). J’en profite pour prendre un flacon de crème solaire car mes cuisses, entre le genou et le cuissard, et mes bras (suis en t-shirt sans manche) virent au rouge homard.

Les rois du dîner seront Laurence et Martin pour leurs multiples sacoches fourre-tout : manque-t-il quelque chose ? Ils l’ont forcément ! Quant à Sylvain, il se taille une bonne part de succès grâce à son goût pour la couleur jaune : sacoches cyclistes, chaussures de sport, tongs… un vrai Brummell ! La preuve en image dans cette rue de Buxy, derrière l’église :

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Le lendemain matin, nous nous préparons mollement : il reste peu de chemin à parcourir et personne n’a envie de poireauter dans Mâcon un dimanche après-midi en attendant son train.

Après bien des discussions et tractations, nous décidons de parcourir une des boucles périphériques à la voie verte, la n° 12. Vallonnée, elle monte insensiblement dans les collines, jusqu’à une vraie petite côte qui me permet de « shooter » les arrivants.

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A ma grande surprise, Laurence qui cachait bien son jeu se paye même le luxe d’une arrivé en danseuse !
« Ah tou sais toi qué tou es faite pour ça ? L’obyectif, il t’aime ! Tou dévrais poser pour les sacoches « biiip » qui vont lancer oune grandé campagne avec Johnny en Beach Cruiser Rohloff : En 2012, avec les sacoches « biiip » vous n’aurez plou lé blues » 

Nous redescendons enduite, coupés dans notre élan par le service sécurité d’une course cycliste sur route fermée qui nous oriente vers la voie verte. Nous nous consolerons en faisant une vraie halte fraises des bois qui recouvrent un bas côté juste après Cluny.

Ces vitamines vont nous être utiles car nous allons attaquer la montée vers le tunnel du Bois Clair. Une succession de côtes, lacets, raidillons (pour ne pas dire murs, à 15% voire plus je parie) entrecoupés de faux plats, propres à décourager les moins tenaces. La chaîne du pédalier de Christine ayant déraillé (opportunément ? la question fit débat) Quentin prouve sa valeur en emmenant seul son attelage (200 kg environ) au sommet.

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 Mais nous sommes récompensés par la fraîcheur humide du tunnel (1,6 km à 11°C) qui se ressent plusieurs dizaines de mètres avant d’y arriver. Nous le franchissons en silence car il est habité, et, à sa sortie, le château de Berzé-le-Châtel nous regarde passer.

Commence alors la longue descente vers la plaine. Nous plaignons ceux qui montent vers nous avec le vent de face. Pour ma part, la direction de mon vélo étant devenue lourde et molle, je constate que mon pneu est dégonflé par une crevaison lente. Au ralenti, je rejoins le groupe qui s’est arrêté pour déjeuner. Après m’être restauré, je prouve brillamment qu’il est possible de réparer une crevaison en à peu près 30mn…

Ce déjeuner, à moins que cela ne remonte à hier, est l’occasion d’une bonne tranche de rigolade déclenchée par la cuillère/fourchette design (bleue marine ou noire ?) de Sylvain. La partie cuillère s’étant révélée parfaite pour faire manger de la banane écrasée à Zélie, la troupe est partie dans des délires sur des commentaires de produits, réels ou imaginaires, du site de DKT (cf. lexique) se terminant par « je recommande ce produit » ou « je ne recommande pas ce produit » avec appréciations des internautes « cet avis m’a été utile » (même pour les plus farfelus sortis de notre imagination débordante)

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La descente se poursuit gentiment. Sur notre droite, nous voyons bientôt se découper dans le ciel le profil de la roche de Solutré, à moins que ce ne soit celui de sa jumelle juste à côté. A Charnay-les-Mâcon, la transformation de la voie verte en chemin caillouteux (doit être bien agréable par temps humide, tiens !) signale l’arrivée imminente à Mâcon dont nous rejoignons le centre ville par une route plaisante, bien que le fléchage officiel indique une autre direction longeant une autoroute.

Arrivés à la gare, ceux qui rentrent sur Dijon, Lyon ou Paris constatent avec un amusement teinté d’appréhension que les cyclistes ne cessent d’affluer et se demandent si tout ces vélos vont pouvoir prendre place. Il semblerait que oui.

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Je reste avec Sylvain qui, avant de remonter en Franche Comté (à vélo : mazette, quel homme !) a un peu de temps à tuer avant de gagner son hébergement. Après un petit tour dans le centre ville de Mâcon, une glace avec papotage à une terrasse, il m’accompagne afin de me mettre sur la route de la gare TGV de Mâcon-Loché au sud-est de la ville. J’y vais pour repérer les lieux puis, constatant qu’il est encore tôt, je décide de monter jusqu’à Solutré afin de compléter ma commémoration du 10 mai à La Bastille.

Et je maudis Sylvain de m’avoir mis cette idée en tête alors que nous roulions sur la voie verte : la montée, longue et assez raide compte tenu de mon chargement, se fait face au vent. C’est en moulinant à 9,6 km/h (j’ai eu le temps de bien regarder mon compteur) que j’arrive au belvédère des deux roches, au-dessus de Solutré-Pouilly (oui, le Pouilly de Pouilly-Fuissé). Je m’offre une pause bien méritée, dans le bruissement du vent dans le maquis et les stridulations des insectes, avant de poursuivre ma route par Vergisson via la rue de La Gorge du Loup (plus facile à descendre qu’à monter) puis Davayé et Prissé avant de retrouver la voie verte où je dîne sur une table de pique-nique. (pas de photo : téléphone en panne de batterie car j’ai oublié le chargeur chez moi)

Je regagne alors la gare TGV de Mâcon-Loché ou j’entreprends le démontage/emballage du vélo.Le trajet retour se passe bien, exception faite de l’arrêt du train à la hauteur de Maisons-Alfort car toute l’alimentation électrique est coupée pour appréhender et évacuer un « individu » qui fait le mariolle sur les poteaux des caténaires.

C’est donc à 2h15 que je pousse la porte de ma maison, sucrée maison et m’écroule sur un bon matelas ! Avec dans la tête plein de rêves d’autres randonnées…

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Découverte du Vexin par la vallée du Sausseron

Posté par Jean-Jacques le 9 mai 2011

Pour l’Ascension, début juin, je prévois d’aller à Dieppe en cyclo-camping via la voie verte qui part de Forges-les-Eaux et relie ces deux villes. Mais quid du trajet jusqu’à Forges-les-Eaux ? Un « collègue » de forum m’avait averti « le Vexin, c’est beau mais c’est vallonné ».

Je l’avais effectivement déjà vérifié en allant jusqu’à Gouzangrez (ferme La Distillerie d’un producteur local de moutarde – cf. balade gourmande) et pour aller à Forges les Eaux, je veux éviter les grands axes, roulants certes mais moins riches en découverte que les routes secondaires.

Le week-end des 16 et17 avril, je décide donc de profiter de la météo pour, le dimanche, aller jusqu’à Forges-les-Eaux ou le plus près possible, mais en ayant fait le samedi après-midi une reconnaissance du premier quart du trajet, jusqu’aux alentours de Nesles-la-Vallée.

Je vais en train jusqu’à Méry-sur-Oise (la route depuis Enghien-les-Bains est inintéressante et peu agréable) d’où je me laisse descendre sur Auvers-sur-Oise, tourne à droite pour longer l’Oise et manque louper la route à gauche qui monte doucement vers Nesles-la-Vallée (la prochaine fois, se repérer aux rails de l’ancienne voie ferrée). 

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Cette route plaisante et verdoyante serpente au creux de la vallée du Sausseron. Elle traverse de petits villages ou hameaux, comme La Naze dont je me demande comment s’appellent les habitants, mais aussi des bois et des champs. 

Arrivé à Nesles-la-Vallée, je ne repère pas la route qui, à droite devant l’église, mène vers Frouville. Pas grave : je fais le tour par une petite rue agréable qui ne rallonge guère mon parcours. Après la « ferme au donjon » je tourne à gauche vers Vallangoujard, Rhus et Epiais-Rhus. 

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Le Vexin dévoile ses charmes, alternance de champs de colza et de blé en herbe, bois, prairies, au gré de routes qui jouent aux montagnes russes (à taille humaine, nous ne sommes pas en haute montagne) en serpentant dans le paysage. 

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De Vallangoujard, la route monte ensuite franchement jusqu’à Epiais-Rhus, un belvédère naturel. De là, je descends dans un creux du plateau du Vexin et remonte vers Bréançon où je décide de faire demi-tour car l’après-midi est déjà bien avancée.

En me dirigeant vers Cormeilles-en-Vexin un radar automatique « pédagogique » m’indique que mon compteur est bien réglé puisque les vitesses affichées sont identiques… ce qui me permet d’officialiser le record des un peu plus de 58 km/h atteints sur mon vieux VTC dans la longue descente vers la D 915.

De la butte de Cormeilles-en-Vexin, suite à une erreur de navigation (Daniel Eléna peut dormir tranquille) je me retrouve justement sur cette D 915 que je quitte bien vite à Génicourt pour rejoindre Méry-sur-Oise via Livilliers puis Hérouville, ce qui me permet de vous offrir cette vue d’un magnifique aménagement cyclable …

 

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… à peine plus large que le guidon de mon vélo et dont le logo réglementaire tient à peine entre le bas-côté et la chaussée mais c’est mieux que rien (quoi que ?) Dans la descente sur Auvers-sur-Oise, je remercie un automobiliste patient qui n’a jamais cherché à me doubler en force en lui signalant qu’aucun feu stop ne s’allume lorsqu’il freine. 

Le lien vers l’itinéraire : http://www.calculitineraires.fr/index.php?id=104490#map dont le profil est visible en cliquant sur « impression du parcours »

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Enghien Dieppe : 50% !

Posté par Jean-Jacques le 6 mai 2011

50 % ? En fait, c’est plutôt aux alentours de 60 % car pour préparer un Enghien Dieppe en cyclocamping début juin (pont de l’Ascension) je viens de faire Méry/Oise Beauvoir en Lyons, à quelques km de Forges les Eaux. Voici le compte rendu de mon Odyssée : 

07h30 : Je quitte la gare de Méry-sur-Oise pour me laisser glisser dans la descente sur Auvers-sur-Oise dont l’église m’apparait au loin. (le flou est du au grossissement numérique de mon vieux smartphone poussé au maximum : si un mécène veut m’offrir un appareil photo numérique…) :

 

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Je franchis le pont sur l’Oise, calme comme un lac, avant de m’engager un peu plus loin, après les rails d’une ancienne voie ferrée (repère infaillible pour ne pas rater l’embranchement), dans la vallée du Sausseron, en direction de Nesles-la-Vallée.

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La route parcourt une alternance de zones habitées et boisées, le long de ce qui me semble être une ancienne ligne de tortillard reconvertie en sentier ou chemin de promenade. A l’entrée de Nesles la Vallée, je remarque cet enchevêtrement de petites habitations blotties dans un creux avant une plus imposante, de style normand (en fait un restau : le Dahu !) :

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Dans Nesles, j’oublie comme hier de tourner à droite devant l’église pour prendre la rue menant vers Frouville. Je dois donc faire un petit détour, mais la rue est agréable et ça n’est pas si long.

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Après une tentative d’autoportrait impressionniste (après tout je suis dans une de leurs régions de prédilection) je retrouve la ferme au « donjon » vue lors de mon repérage de la veille. Un peu avant Frouville, j’aperçois dans un champ un faisan et trois oiseaux que je suppose être des « gallinettes cendrées ». Mais dès que je m’arrête ces volatiles, visiblement habitués aux véhicules de passage, fichent le camp hors de portée… de fusil comme d’appareil photo basique.

 

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Passé Frouville, l’aspect élevage de ce coin du Vexin se confirme. Le paysage se met à vraiment ressembler à la Lorraine, au Morvan ou à la Normandie : vallonné, avec une alternance de champs, prairies parfois plantées d’arbres fruitiers, bosquets séparés par des haies. Il fait frais, 2°C me dit mon super compteur de vélo (qui mesure plein de données mais ne fait pas le café, dommage) ce que confirme l’herbe des bas côtés à l’ombre, couverte d’une rosée vestige de gelée blanche.

 

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Après Messelan, moderne hameau résidentiel « fortifié » à l’abri de son mur d’enceinte, la route débouche sur le plateau du Vexin, bien plus horizontal que sur la photo, prise « à la volée ». C’est à peu près là que je fais ma première pause, dans les aboiements d’un des nombreux élevages-pensions canins et félins de la région.

 

Dans la descente sur Arronville, je rate la photo du clocher de l’église émergeant d’un champ de colza : c’est trop bon de se laisser aller après avoir insensiblement monté pendant des kilomètres ! D’autant que c’est pour mieux remonter de l’autre côté de la vallée, vers Berville où j’arrive par une route « rapetassée » à la perfection : les rustines de goudron affleurent le revêtement et c’est à peine si on sent un léger renflement lorsqu’on roule dessus, ma parole, « ils » auraient pensé aux cyclistes ?!

 

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Je réalise que je suis suivi comme mon ombre, ce qui me réconforte, notamment lorsque je traverse la forêt humide de Berville et ses lianes arborescentes qui me rappellent mes jeux d’enfants. La route monte, pour changer ! vers le plateau du Vexin au-dessus d’Henonville.

 

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A l’entrée d’Hénonville, un panneau confirme que je suis arrivé au bord du monde, euh… non, juste du plateau d’où je descends par une rue en si mauvais état que je serre les fesses freins pour pouvoir éviter les nids de poule et autres éventuelles mauvaises surprises (automobiles conduites par des « désolé j’vous avais pas vu »). 

D’Hénonville, encouragé par les trilles des alouettes qui semblent saluer mon futur exploit, et comme surveillé par un faucon crécerelle faisant le St Esprit au-dessus d’un bas côté de la chaussée, je me dirige vers Gisors en empruntant une départementale roulante heureusement peu fréquentée : j’en ai un peu plein les cuisses de jouer aux montagnes russes et commence à songer à améliorer ma moyenne horaire, bien que je me sois dit pour « tenir » que si chaque descente se paye par une montée, chaque montée est récompensée par la descente qui vient après…

 

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Je traverse Ivry le Temple, où les Templiers nous ont laissé un magnifique golf, Fleury et son petit marché dominical (à retenir pour une éventuelle prochaine fois) avant d’apercevoir au loin ce qui ressemble à une abbaye ou un château.

 

 

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C’est Chaumont en Vexin où je préfère passer par le centre ville plutôt que par la zone d’activité, ce dont je me félicite. Quelques kilomètres plus loin, Trie Château avec sa porte, vestige de remparts, et son château  transformé en hôtel de Ville (somme toute d’aspect banal mais chut ! ne le répétez pas), annonce Gisors dont LA principale activité d’ici l’été est une « foire à tout » qu’un grand calicot annonce pour juin… quelle ambiance !

 

Ambiance confirmée par un Kéké au volant de sa grosse berline qui trouve « fun » de négocier un rond-point du centre ville en contre braquage en faisant hurler le moteur et patiner les pneus arrière.

 

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Je sors de Gisors après avoir contourné les ruines du château pour monter (pff ! encore !) sur un plateau boisé dont la physionomie est en train de changer.

 

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La forêt du Bois de Gisors traversée, la route descend sur St Paës, son moulin et la jolie D17 qui monte insensiblement vers Bézu-la-Forêt en longeant la Lévrière, paisible rivière aux nombreux méandres dans un paysage au caractère normand affirmé.

Une nouvelle espèce animale fait son apparition au-dessus de la route : de grosses mouches noires aux longues pattes pendantes, comme immobiles en suspension dans l’air. Bien qu’impressionnantes car on a l’impression d’avancer dans un jeu vidéo ou au travers d’un effrayant mobile d’Halloween pour enfant, aucune ne me gêne. Heureusement, car j’ai oublié mes lunettes de cyclisme.

 

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J’arrive à un endroit où certains tourneraient à droite pour aller à la pêche, d’autres iraient tout droit pour grimper la côte alors qu’en suivant la route, je me laisse quasiment aller gentiment jusqu’à la deuxième pause de la matinée à Bézu-la-Forêt.

 

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Je quitte Bézu et la rue de l’église, trop centrale et fréquentée, pour monter vers Gournay-en-Bray par une belle route qui serpente dans la forêt, puis en lisière de celle-ci où un vent de face commence à bien se faire sentir avant que je ne débouche sur un autre plateau. Je m’en sors vaille que vaille en m’appliquant à prendre la position de moindre résistance au vent (penché en avant, coudes au corps, mains rapprochées de la potence) 

 

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C’est par la rue des Moulins, auxquels ont succédé de modernes « œufs au miel » comme disait mon p’tit dernier, que j’arrive à 12h30 à Beauvoir-en-Lyons. Je décide non seulement de m’y arrêter pour déjeuner mais aussi de faire demi-tour ensuite. En effet, Forges-les-Eaux est encore un poil trop loin : je soupçonne qu’il me sera facile d’y arriver car je « n’aurai qu’à » descendre du belvédère où je suis, mais il me faudra remonter et le vent, ce fourbe, ne soufflera pas assez fort pour vraiment m’aider.

 

 Une boulangerie, ouverte jusqu’à 13h30 (mon estomac n’en croit pas ses yeux) me permet d’acheter deux viennoiseries pour compléter mon repas, ce que je regretterai ensuite.

 

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Je prends donc mon déjeuner dans l’enceinte de l’église : 2 sandwichs de schwarzebröt avec jambon +  salade + fromage, 1 banane, 1 petite boîte de fruits au sirop, mes 2 viennoiseries… comme disait une de mes filles : Joël Dubouchon n’est pas mon cousin ! Je suis au soleil, à l’abri du vent et des regards, avec vue panoramique sur la vallée et des voisins (au fond de la photo de droite) qui ne s’offusquent pas de ma présence.

Pourquoi avoir choisi ce lieu ? Pour son cimetière ! Je vous rassure : je ne suis pas un cyclotouriste « goth néo-romantique » (qui reste à inventer d’ailleurs). Non, tout simplement il faut savoir que contrairement aux balades en Provence où le moindre village offre une fontaine (quand ce ne sont pas plusieurs)  aux voyageurs assoiffés, trouver de l’eau potable  »dans le nord », c’est à dire au-dessus de Bollène pour le vauclusien d’origine que je suis, est mission impossible… sauf dans les cimetières… lorsqu’ils sont ouverts. Les panneaux « église » ou « cimetière » deviennent donc des repères vitaux pour le randonneur à court de boisson.

La cloche de l’église sonne la demie de 13 heures, il est temps de rentrer.

Un peu fatigué du vent qui, même de travers, semble trop souvent souffler de face, bizarrerie bien connue des cyclistes, je regarde attentivement ma carte. Je remarque alors la D241 qui semble bien sympathique puisqu’elle devrait me permettre de rouler avec le vent dans le dos tout en me rapprochant de Bézu-la-Forêt.

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Mon intuition est bonne : petite route en pente douce à travers champs, 30 à 40 km/heure sans forcer. Un gros insecte, genre bourdon, percute ma joue, bourdonne de vagues excuses et reprend son vol : en voiture, il aurait été transformé en tâche sur le pare-brise. Je traverse ensuite la forêt par de belles routes forestières

 

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La dernière d’entre elles, en fait une piste empruntée « au pif » parce qu’elle suivait la pente de moindre effort tout en allant du bon côté, me fait découvrir une magnifique « mare aux Fées » aux eaux cristallines. Mais c’est aussi un cul de sac dont je ne peux sortir qu’en faisant demi-tour (trop long et c’est en faux plat montant !) ou en gravissant une ancienne piste de débardage.

 

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J’arrive devant 2 arbres morts. Tels les piliers d’une porte mythique, ils laissent croire que je vais pénétrer dans un monde inconnu. Heureusement, une fine trace serpente, me prouvant que je ne suis pas le seul à m’aventurer ici. Après avoir erré quelques temps, je sors de cette forêt et comprends alors que ce sont indubitablement les ondines et elfes sylvains qui m’ont invité à partager un peu de leur domaine.

 

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Après être passé devant un joli manoir, j’ai le plaisir de déboucher… juste devant le pont de la rue de l’église à Bézu-la-Forêt !

Je me retrouve en terrain connu et, bien que les paysages soient différents puisque vus sous un autre angle, je n’ai (presque) plus besoin de carte pour retrouver mon chemin. Je constate que, si tout le monde veut de l’énergie pas (trop) chère, personne ne veut qu’elle soit produite près de chez soi, qu’elle soit « verte » et renouvelable ou pas (on remarquera l’état de la maison…) :

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Un peu plus loin, après St Paës, je dois remonter (ça  y est, ça recommence !) vers le Bois de Gisors. Je commence à fatiguer et ressentir les effets de mon plantureux déjeuner (pour la prochaine randonnée : penser à fractionner les repas). Heureusement, les bas côtés fleuris offrent un prétexte idéal pour une petite « pause prise de vue » bienvenue. La vraie pause, je la fais à Gisors avec un expresso à la terrasse de « La Bonne Etape » exposée plein sud.

Je repars face au vent. En passant devant la gare, je résiste à l’appel de Lahcène Séhef qui me suggère d’aller voir s’il n’y aurait pas un train pour Paris St Lazare.

Après qu’un radar pédagogique m’ait confirmé à l’entrée de Chaumont-en-Vexin que je roule à 18 km/heure, je remarque avant d’arriver à Hénonville les curieuses figures géométriques dessinées par certains champs (saurez-vous ce dont il s’agit ?) et constate que je suis toujours en bonne compagnie :

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A Hénonville, au pied de la côte-de-la-mort-qui-tue, je remarque un panneau qui signale qu’en tournant à gauche, je peux aller à Berville. Je n’avais pas osé passer par là à l’aller mais je tente le coup et constate que j’y gagne en temps et facilité.

Décidemment d’humeur aventureuse, j’expérimente ensuite la « voie verte du Sausseron » après Nesle-la-Vallée, en réalité un « sentier pédestre touristique » peu agréable à rouler :         

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Il en va de même de la promenade « accessible aux vélos » (parait-il) le long de l’Oise, pourtant bien agréable :

17042011057.jpg(il a fallu que je porte le mien !)        17042011058.jpg

Mon compteur de vélo affiche 19h05 et 179km lorsque j’arrive un peu lessivé sur le quai de la gare de Méry-sur-Oise : dans 20 mn, mon train sera là, j’en sais un peu plus sur mes capacités et ressens surtout une très forte envie de réitérer l’expérience.

Mais si c’est avec le même vélo, je tâcherai de changer les pneus pour des plus fins et roulants ! car les b’twin tous chemins en 700×42, c’est pratique sur chemins (encore que…) ou en hors piste forestier mais sur route on se sent un peu aux commandes d’un tracteur…

Le tracé de ma randonnée, si j’ai réussi à vous donner l’envie de la faire : cliquer ici

Quelques explications : pour afficher l’itinéraire et son profil, cliquer sur « impression du parcours »

La traduction des 5 parties du profil justement :

  1. Vexin français : la première série de « montagnes russes »

  2. Hénonville -> Gisors : la partie quasiment plane (route départementale en plaine)

  3. Gisors et sa forêt : la « bosse » au sommet aplati

  4. la D17 entre St Paës et Bézu la Forêt : la montée régulière avec quelques pics

  5. Bézu la Forêt -> Beauvoir en Lyons : la grosse bosse finale se terminant en plateau

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La boucle Nord-Ouest de la Seine

Posté par Jean-Jacques le 25 mars 2011

Et bien ça y est, j’avais repéré ce parcours il y a pas mal de temps déjà, et je viens d’y entraîner des compagnons de route… au départ de Paris : ça change des balades du côté du Val de Marne sous le fallacieux prétexte qu’il y a des pistes cyclables le long de la Seine qui se prolongent par la véloroute des bords de Marne d’où on peut rejoindre le chemin de halage à Joinville le Pont

Superbe dimanche avec pour seule ombre au tableau l’absence de Sophie… mais cela nous a permis de tester un finalement grand parcours, terminé en apothéose par la montée de Rueil-Malmaison vers Puteaux qui a permis à Wilma convalescente de dire « Veni, vidi,vici » 

Retrouvailles porte de Clichy à l’heure dite, 11h30 (un peu avant même), et j’ai pu admirer en plein soleil le vélo resplendissant de Wilma : une vraie merveille quand on regarde les détails… 

Départ après papotage ayant trait à l’Australie où Wilma a séjourné 3 semaines, traversée de Clichy par la rue Martre et 1ère constatation : cette « autoroute urbaine » à 3 voies pourrait très bien être aménagée avec 1 voie de bus ouverte aux vélos et 2 voies automobiles… mais c’est la rue de Paris qui a été aménagée : parfaite pour la desserte locale (quoi que) elle est inutile pour les cyclistes en transit entre Paris et le nord du 92 comme nous 

Traversée du pont de Clichy où là aussi un aménagement cyclable serait souhaitable car les 2×2 voies sont étroites puis direction la mairie de Gennevilliers où la belle et longue bande cyclable sur chaussée est souvent inutilisable car squattée par du stationnement 

On rallie sans pb le parc des Chanteraines malgré les travaux de prolongation du tramway qui doivent procurer bien du plaisir aux automobilistes en semaine. Agréable traversée du parc sous les arbres en fleur :

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avant de rejoindre les bords de Seine face à l’Ile St Denis, un ancien « fief » de mariniers où des boulangers faisaient (encore de nos jours, je ne sais pas) un « pain de marinier ». 

 

Nous rejoignons l’Ile par le trottoir d’un pont en travaux (Wilma :  »qu’est-ce qu’on se traine quand on marche ! ») puis la traversons afin de redescendre vers le port de Gennevilliers sur une route calme bordée d’arbres, face aux berges d’Epinay sur Seine éclaboussées de soleil.

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Au passage, je signale un aménagement cyclable inutilisable car mal conçu : aux abords d’un collège, la chaussée est resserrée afin de ne laisser passer qu’un véhicule à la fois. Pour permettre aux cyclistes d’éviter ces goulots d’étranglement, des chicanes ont été aménagées de part et d’autre. Mais elles sont étroites, avec des angles trop prononcés (les trajectoires d’un vélo sont courbes) et des rebords hauts : impossible de les négocier en roulant normalement, il faut ralentir fortement, d’autant plus que ce sont des pièges à saletés (cailloux, branches, etc.). Bilan : les cyclistes ne les utilisent pas

Nous attaquons alors mon trajet « vélotaf » : un petit gauche/droite sur la 2×2 voies quasi déserte qui descend du pont d’Epinay (où un aménagement cyclable serait souhaitable, en plus, il y a la place) et nous voila sur le port que nous traversons quasiment comme seuls au monde. 

 Rien à signaler hormis 2 poids lourds qui bloquent l’accès d’une portion de piste cyclable : « allo, je voudrais signaler deux véhicules en stationnement gênant et dangereux, etc. » (le poids lourd blanc dont on voit l’arrière de la remorque masque celui auquel il est collé, l’ensemble bloquant l’entrée de la piste cyclable : même pas de quoi se faufiler)20032011008.jpg

puis traversée de la zone 30 de la gare de Colombes-Le Stade et, rue JJ Rousseau, à nouveau : « allo, je voudrais signaler 2 véhicules en stationnement gênant et dangereux. Ils bloquent le trottoir et la bande cyclable sur trottoir, personne ne peut passer… » Au passage, je remarque un gars qui profite du calme des rues pour faire du vélo debout, un pied sur la selle l’autre sur la potence Nous arrivons ensuite le long de la A86 (remarque de Wilma : « JJ, ton trajet est très riche en situations de vélotaf ») puis dans le parc P. Lagravère où nous décidons de déjeuner, à côté de la maison du parc construite dans l’esprit des « Folies » 

 

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en déballant nos victuailles sur un banc : 

  • Wilma : salade de pâtes papillon/ tomate/ mozzarella aromatisée à l’huile d’olive et au basilic frais, mini sticks de sauciflard, fromage frais à tartiner 
  • Benjamin : 2 baguettes (bienvenues) 1 « rail » de pâté en croûte, tranches de sauciflard
  • moi : mixture à base de légumes et riz (ferai mieux la prochaine fois), merguez, fromage, pommes en morceaux caramélisées aux amandes grillées et cannelle (pas mauvais en revanche, me suis bien rattrapé)

C’est donc gonflés à bloc et vent dans le dos que nous repartons gaillardement en commençant par nous laisser glisser en roue libre.
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ça ne dure pas, mais c’est pas le Tourmalet non plus

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tiens ! un skieur nautique   
 
20032011011.jpgNous arrivons au parc du Chemin de l’Ile (sous le viaduc de la A14) traité avec zones naturelles mélangeant eau/ langues de terre/ ponts de bois (vous savez, ce petit pont de bois…air connu), avec une belle aire de jeux genre Fort Boyard adapté aux enfants et « statues » en acier oxydé dépassant du sol telles des vestiges préhistoriques.La belle et récente passerelle piétonne nous permet d’enjamber la darse d’accès au port de Nanterre pour cingler vers Rueil-Malmaison. Au passage, constat d’une imperfection de conception : les escaliers sont munis d’une rampe permettant aux cyclistes de monter en poussant les vélos à la main… mais il n’y a qu’une rampe sur un seul bord de l’escalier, si un cycliste venant vers soi est déjà engagé, il faut attendre qu’il ait fini (de monter ou descendre) afin de pouvoir s’engager à son tour… pas grave mais juste agaçant (je soupçonne un équipement conçu par des non cyclistes ?) Nous quittons le nord industrieux pour arriver vers le sud résidentiel du 92, accueillis par un premier ensemble résidentiel à l’architecture qui n’est pas sans rappeller certains bâtiments d’un grand parc d’attraction du côté de Marne la vallée
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…où, après avoir croisé un pêcheur dont l’attirail s’est mis à sonner et carillonner (un PVFM sans doute : pêcheur victime de la fièvre du matos) nous faisons demi-tour car il faut songer au retour : Wilma, car elle commence à « être sur les genoux », et Benjamin car sa douce doit l’attendre en polissant amoureusement le rouleau à pâtisserie qu’elle manie si bien paraît-il

Nous quittons alors les bucoliques bords de Seine (Golf d’un côté, berges de Seine boisées et péniches d’habitation de l’autre) pour entrer dans le monde de l’automobile puisque nous remontons jusqu’aux abords de Puteaux par un belle pénétrante à 2×2 voies, heureusement encore libre des retours d’automobilistes  partis s’oxygéner à la campagne. 

Du rond point des Bergères (pas loin de chez Erwan s’il habite toujours ce coin, tiens ? qu’est-ce qu’il devient ?) je redescends vers « mes » bords de Seine, laissant le duo de parigots plonger vers Puteaux.

Le lien vers le parcours cartographié par Benjamin : http://www.bikemap.net/route/862637

et celui vers un autre itinéraire http://www.calculitineraires.fr/index.php?id=133456#map qui, après avoir remonté la Seine le long de la rive droite, se termine sur l’esplanade de La Défense d’où il est possible de rejoindre Paris, soit en RER, soit via Neuilly sur Seine  : tout au bout de l’Esplanade, sur la gauche, un plan incliné (mixte piétons/vélos ? de fait en tout cas) permet de franchir la voie rapide sur berge et d’arriver sur le large trottoir du pont de Neuilly

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Veni, Vidi, Vici

Posté par Jean-Jacques le 21 février 2011

Et bien ça y est ! Je peux dire « veni, vidi, vici » ! et vous m’avez raté en tenue « full Raymond Boyaux » (voir lexique). 

Attention mesdames et messieurs dans un instant, ça va commencer, installez-vous confortablement devant votre écran : 

Il est 5h, JJ s’éveille. A pas de loup pour ne pas réveiller ma fille aînée, je descends faire une toilette de chat, m’habiller, prendre un petit déjeuner léger (le dîner fut solidement étayé par des pâtes), puis embarquer ce que j’avais préparé la veille (biscuits secs, petit sac à dos avec chaussures à cales et tenue de pluie, bidon 750ml) avant de rejoindre le quai de la gare. Oui, je le reconnais, j’ai été petit joueur en faisant Enghien > Paris en train. 

Gare du Nord vers 6h28, j’enlève les chaussures de sport pour enfiler les chaussures à cales et c’est parti vers Joinville le Pont. Comme je ne suis plus trop sûr ni du trajet ni de la distance (j’ai oublié la carte routière… acte manqué pour m’obliger à suivre la randonnée jusqu’au bout ?) j’ai tendance à rouler un peu vite. Et j’arrive sans encombre vers 7h15 chez Gégène (une guinguette des bords de Marne). Je sors alors l’équipement de pluie que j’enfile pour ne pas trop me refroidir. Nicolas me rejoint un peu avant 8 heures et nous taillons une bavette avant que le reste de la bande ne rapplique. 

Nous avons fière allure :  Youri, un p’tit gars en tenue « normale » sur une randonneuse à clavettes et cale pieds à sangles qui ne fera qu’un bout de chemin. Mathieu sur vélo en plastique tout carbone avec des chaussettes montantes qui lui causeront bien du souci plus tard, Clément sur sa randonneuse à pédalier « bling-bling »  de rappeur du Bronx (Séguéla : si à 50 ans t’as pas un pédalier plaqué or, t’as raté ta vie), Christophe et son Carlos (dont l’arrivée lumineuse me démontre la puissance de la B&M Ixon IQ que je me suis offerte à Noël) et enfin François sur son Surly couleur « jus de viande » avec sacoche de guidon format malle poste et moi, sur mon N°1 avec garde boue arrière rouge, porte paquet et U accroché au cadre, en duo à tenue noire et jaune comme échappés d’un « Team Banque Postale ». 

Et nous voilà le long de la Marne. Alors que nous longeons un immense plan d’eau, parfait pour l’aviron ou les records de vitesse en kitesurf et autres planches à voile, Clément signale à Christophe que sa lampe B&M prend de la gîte et menace de se séparer de son support. Nous nous engageons ensuite sur les petites routes en plus ou moins bon état de l’itinéraire concocté par François… qui connaît  le secteur comme sa poche puisqu’il nous a fait couper au travers de zones pavillonnaires improbables, notamment en empruntant un passage piéton dont l’entrée est condamnée par un « ballon de foot » en fonte (si vous avez un peu de talent et de peinture, y’a des caméras cachées à faire !) et la sortie barrée par une chicane où nous avons du mal à nous faufiler. 

Petite pluie, mais qui mouille bien quand même, vent de face ou de côté, faux plats, côtes pas méchantes mais qui font chuter le rythme et cassent les pattes… enfin, je parle pour moi car devant, Mathieu mouline malgré le (ou à cause du) froid humide qui a transformé ses extrémités (mains et pieds) en appendices d’Homme-Crabe (froids, rouges et rigides) quant à François et Christophe, ils enroulent du ruban de bitume avec une régularité rassurante mais parfois agaçante. 

Après une première pause biscuits, halte bienvenue au… « Bienvenu » où nous pouvons, sinon sécher, du moins réchauffer nos gants sur un radiateur et nous réconforter avec du chocolat chaud à prix raisonnable, des biscuits, des paroles… Mon U rassure Mathieu car j’ai attaché son vélo avec le mien, devant tous les autres, dans la plus pure tradition des « vélopots ». 

½ heure après, il me semble, nous repartons à l’assaut. Clément « Œil de Lynx » remarque ma roue AR : « JJ, t’as les 1ers pignons qui se barrent. Celui qui t’a prêté cette roue ne t’a pas fait un cadeau » et à Christophe qui rapplique avec le reste de la bande « Christophe, y’a JJ qui est en train de ruiner ta roue libre ». Mais le Destin veille car au moment de réparer « Laissez les gars, j’ai mes gants d’atelier » (réactions admiratives de l’assemblée devant tant de prévoyance) il s’aperçoit qu’il a pris deux gants droits… ce qui vaut tout de même mieux que deux mains gauches reconnaissez-le ! 

Plus vraiment de côtes désormais mais les « bosses » de ponts enjambant des autoroutes et autres voies ferrées. Je rame pour grimper et fais « chauffer la plaque » en redescendant pour rattraper les échappés. Sur un faux plat montant, je sens arriver comme une amorce de crampe ou crispation dans le mollet droit. Je m’applique à pédaler rond, me décontracte mentalement en respirant plus amplement et régulièrement et ça passe. 

Remarque de Clément : « à vélo, on en bave, on se traîne, on croit qu’on va mourir, et  5  mn après, on revit sur une portion roulante ». 

Un peu après, au bout d’une longue ligne droite en forêt fermée par un virage à gauche, j’entends beugler derrière moi : le conducteur d’une voiture qui voulait doubler a réalisé qu’il n’avait plus le temps ni la visibilité et a failli encastrer son pare-choc dans le pédalier de Clément ! Ce fut le seul incident, les rares automobilistes ayant patienté ou donné un léger coup de klaxon pour avertir de leur dépassement. 

Et c’est comme cela que nous arrivons au « chemin empierré roulant » justement. Une ancienne voie ferrée reconvertie en voie verte qui serait bien agréable si elle n’était en réalité une version édulcorée de l’ « Enfer du Nord ». J’en viens à regretter les routes en mauvais état. Clément se félicite d’avoir des pneus en 35. Le dos et l’arrière des jambes de Mathieu prennent une belle teinte café au lait. Bien fait : il n’avait qu’à avoir des garde-boue comme nous. Je me paye une chute de pingouin dans l’herbe avant de traverser une des nombreuses routes qui coupent la voie verte, « pinaise de chaussure à cale », mais, ayant retenu les leçons du sujet « comment chuter » du forum, je me relève en rigolant sous l’œil inquiet de Papa François « ça va ton bras ? ».

Bref, tout va bien et c’est en chantant que nous traversons une ZAC de Brie-Comte-Robert : http://www.dailymotion.com/video/x5ci4x_collaro-brie-comte-robert_fun

Clément nous quitte ensuite et c’est donc un quatuor, puis un trio après le départ de François, qui arrive à Joinville après que Christophe ait encore une fois mérité son surnom de Bicyle Repair Man. 

En effet, tout le trajet avait été gâché par le frottement, à intensité variable, de mon garde-boue arrière. C’est lorsque la roue s’est mise à se désaxer malgré un serrage « bourrin » qu’il a trouvé la solution. Après m’avoir conseillé de pédaler en douceur (je ne développe quand même pas la puissance de Sylvain, ça se saurait) il recale la roue bien en arrière, règle le garde-boue et miracle, je termine en silence avec le seul cliquetis de la roue libre dans les descentes : c’est donc cela qui m’avait ruiné les jambes et les poumons pendant toute la randonnée ! 

Après avoir quitté Mathieu et ses chaussettes imbibées d’eau qu’il n’a cessé de remonter sur les ¾ du trajet, je rentre sur la Gare du Nord en me surprenant, tel Obélix affamé ou le Capitaine Haddock assoiffé, à faire l’inventaire des victuailles qui m’attendent : 2 parts de pizza un peu racornies… hummm pizzaaa… steak, haricots verts, fromage, poire… J’ai le temps que constater que, mine de rien, j’ai rattrapé à République le gros 4×4 qui m’avait doublé un peu après La Bastille. 

J’enlève chaussures à cales et chaussettes trempées, mais chaudes malgré tout, essuie mes pieds, enfile mes chaussures de sport (la prochaine fois, prévoir des chaussettes de rechange) et prends le train, range mon vélo (tiens il est 14h12), mange et m’écroule sur le canapé, enroulé dans une couette tel une chenille avant sa transformation. 

Lorsque je me réveille 1 heure plus tard, je n’ai toujours pas les jambes de Contador (la faute au steak « propre » ?) mais après une bonne douche, je me sens comme neuf : super journée ! 

Moralité : François, Georges et Christophe, c’est à vous « Hier encore, j’avais 20 ans… » et je réalise que les 200 km du BRM de Noisiel ne sont sans doute pas encore à ma portée, entre autres à cause de mon  fondement qui commençait à ne plus me supporter (faut qu’je perde 10 kg au-dessus de la ceinture) et de mon coude gauche encore sensible sur une telle durée d’effort. Bref si j’y vais, pas certain que je tienne la distance… on verra bien. 

Moralité bis : que celles et ceux qui pourraient encore hésiter se lancent dans le prochain entrainement de la Team Vélotaf ! Je leur tiendrai compagnie pour faire les voitures balai !! 

Pour en savoir plus, le lien vers l’itinéraire : http://www.routeyou.com/route/view/296720/randonnee-a-velo-100-bornes.fr remarquez l’aspect général de ce parcours : ne dirait-on pas le profil de la tête d’un cycliste filant vers l’Est, nez (en trompette) et cheveux au vent en sifflotant ?

 

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à vélo on dépasse les autos

Posté par Jean-Jacques le 14 janvier 2011

Les gros 4×4 urbains, les quads à chenilles, les navigateurs sur multicoques bardés d’hydrofoils n’ont qu’à bien se tenir :

sur l’eau, on dépasse les autos : http://www.youtube.com/watch?v=RvE6Xd6tgPA et vous remarquerez la performance du cycliste solo couché

pour ridiculiser les adeptes du « j’en ai une plus grosse » : http://hackaday.com/2010/09/14/quadbike-bigger-is-better/  N.B. : il faut lancer la vidéo sous la photo de la page d’accueil pour vraiment réaliser la taille de ce quadricycle à propulsion humaine

quand au quad à chenilles pour faire le kéké à Courchevel (ou ailleurs) ben faut que je retrouve le lien… patience !

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Comment plier un Brompton

Posté par Jean-Jacques le 14 janvier 2011

Les vélos anglais Brompton sont réputés pour leur facilité de pliage et leur compacité une fois plié : un vélo peut tenir dans un caisson de bureau… ce qui en fait un des vélos favoris des cyclistes (aisés, vu le prix) citadins (on peut facilement le ranger chez soi) ou multimodaux (vélo + TEC) et a conduit certains fabricants de mobilier à concevoir des caissons de bureau « spécial vélo pliant »

Encore faut-il maîtriser la technique dudit pliage et, visiblement, ce n’est pas gagné pour tout le monde : http://www.youtube.com/watch?v=uSPp6nniTM8  N.B. : la lumière clignotante n’annonce pas l’autodestruction imminente…

Ca y est ? la crise de fou rire est passée ? vous pouvez donc comparer avec ce cycliste http://www.youtube.com/watch?v=pNnOdoUn3kg  petite précision : normalement, pour basculer la roue AR il faut débloquer une sécurité à la base du tube de selle

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