Belfort -> Epinal : Ascension 2017

Posté par Jean-Jacques le 3 juin 2017

J’arrive vers 7h à la gare de l’Est et, après avoir remarqué un petit groupe de « bikepackers » (ça devient d’un commun cette façon de randonner…), l’Intercités pour Belfort est annoncé.

C’est la version moderne des train Corail ou Théoz : deux rames automotrices hybrides (la ligne n’est pas totalement électrifiée) qui ressemblent fortement à celles des TER récents avec une entrée de plain pied depuis le quai. Les places vélos sont en tête, sous une sorte d’étagère permettant de ranger les sacoches, les vélos devant être placés côte à côte comme dans les TGV Atlantique, retenus par une solide sangle élastique : ne pas espérer pouvoir en mettre plus de 3, voire 4 grand maximum, sans gêner le passage des voyageurs.

C’est à trois que nous débarquons à Belfort dont j’apprécie l’esthétique de la gare, toute en briques blondes.

Après avoir retrouvé les uns et les autres, le groupe imposant (11 adultes, 2 très jeunes enfants dans une remorque) s’élance vers le lieu du pique-nique, la base de loisirs du lac du Malsaucy, en suivant un très agréable enchaînement d’aménagements cyclables urbains, puis voies vertes et véloroutes.

Bien que très fréquentée, nous trouvons un coin de pelouse agréable.

Lorsque nous repartons, c’est en suivant une petite départementale tranquille qui monte pour rejoindre la vallée du Rahin en suivant un trajet vallonné offrant les premières côtes dans lesquelles le couple d’amis commence à peiner en tirant l’une la remorque avec le plus gros du paquetage, l’autre la carriole avec les gamins.

C’est en arrivant à Plancher-les-Mines ou Plancher-Bas, bref « en bas », que ça se corse car on va devoir bifurquer à gauche pour aller « en haut », vers le col de la Chevestraie puis Belfahy. La montée dans les bois est régulière, agréable, …

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… tout au moins jusqu’à Belfahy où l’on croit être arrivés dans une impasse, face à un mur. Ah ben non, c’est la route qui monte « droit dans l’pentu » sur 200-300 m, juste avant un bienvenu « Bistrot  de Pays des Vosges saônoises ».

Il offre effectivement des produits du terroir : miels, confitures, gelées, tarte à la brimbelle préparée à la demande, mais côté bière pression seulement une bière « normale » dont, malgré notre insistance, ni la charmante serveuse ni le patron ne dévoileront la marque.

Après cette pause, descendre vers Miellin est un vrai plaisir, mais la prudence est de mise car la chaussée en état moyen, très pentue et sinueuse, avec le camouflage des tâches de soleil au travers de l’ombre des arbres, oblige à freiner en permanence : les mains sont mises à rude épreuve.

l’itinéraire de cette 1ère étape

Le camping est à la sortie du village, sur l’adret, et surplombe le cours de « La Doue de l’Eau » qui coule au fond de l’étroite vallée.

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Faute de commerce, on dîne des provisions tirées des sacoches. Et c’est à ce moment que je commence à attirer l’attention avec mon réchaud démontable à carburant solide.

La nuit à cette altitude est calme, venteuse m’a-t-il semblé d’après le bruit des feuilles des arbres sous lesquels nous sommes installés, et fraîche : mon duvet estival est « limite confort » bien que je me sois couché habillé (t-shirt, t-shirt coton manches longue, pantalon, socquettes)

Le lendemain, agréable descente vers Servance : pente régulière pas trop prononcée, virages pas trop serrés avec une bonne visibilité, il faut juste calmer nos ardeurs en croisant deux grumiers chargés qui remontent la vallée. A Servance, pause boulangerie et bistrot pour refaire nos provisions avant de nous attaquer à la 2ème difficulté de cette randonnée : la sortie par la route de Beulotte. Après la montée de la veille, nous sommes tentés de la rebaptiser « route de rebelote ».

Effectivement, elle est courte (env. 1km) mais raide, très raide, sans doute déjà pas facile à franchir sans bagage, alors avec du matériel de cyclocamping, même le plus léger possible…

C’est en haut de ce mur que le groupe se scinde pour rejoindre Le Val d’Ajol et son camping : option courte ou option longue, via la route des Crêtes, le circuit de la Petite Finlande (à moins que ce ne soit l’inverse), le col du Mont de Fourche, puis la ligne de partage des eaux méditerranée / mer du Nord à partir de laquelle nous descendons vers le camping. Superbe itinéraire tranquille dans les hauteurs qui traverse des plateaux et sinue (au moins au début) entre une multitude d’étangs …

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… et des prairies d’alpage, monte vers des crêtes et descend dans des vallons, offrant tantôt des vues panoramiques, tantôt l’abri de forêts de haute futaie.

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Nous retrouvons la civilisation en débouchant dans le val d’Ajol : visite du magasin d’usine de la Sté De Buyer, puis arrivée au camping derrière la piscine municipale, petit supermarché pour les courses, terrasse de café pour se rafraîchir (2 pintes, pas moins !:boire2: ) en écoutant le bruit des motos tout terrain et autres quads. (pas tant que cela en fait, on a vite été tranquilles)

l’itinéraire de cette 2ème étape

Après une nuit bien plus douce que la précédente, départ pour une étape moins ardue passant par Fougerolles, pays de la cerise guigne, du Kirch AOP et de la Fée Verte, où le groupe se scinde à nouveau entre itinéraire court et itinéraire long vers Bains-les-Bains.

Ce trajet dans les Vosges méridionales, plus campagnard, plus gentiment vallonné que dans les Vosges saônoises, passe devant l’étonnante place Léon Jacquey de Saint-Loup-sur-Semouse (regret de ne pas avoir pris de photo) puis parcourt bois, champs et forêts jusqu’à Corré où nous trouvons le canal des Vosges et la voie verte du chemin de halage qui fait partie de la véloroute Charles le Téméraire.

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Ce canal très agréable, sinueux et ombragé, n’est jamais ennuyeux. On le quitte hélas trop vite pour contourner un secteur où il décrit des lacets resserrés : l’aménagement des rives doit y être plus coûteux et difficile qu’ailleurs. Mais on le retrouve vite à Fontenoy-le-Château, qui mériterait peut-être une visite, avant de le quitter à nouveau pour monter vers Bains-les-Bains et les premiers nuages qui bourgeonnent sur les Vosges.

L’itinéraire de cette 3ème étape

Le camping, installé au-dessus de la ville, essentiellement fréquenté par des curistes selon la gérante, est calme et à proximité d’un petit supermarché parfait pour nous réapprovisionner. Après une soirée sous un ciel inquiétant plombé de nuages puis une nuit calme (la TV des caravaniers voisins de ma tente a dû s’éteindre vers 10h30) nous repartons sous un grand ciel bleu ensoleillé vers le canal que nous rejoignons à l’issue d’une longue descente.

Ce sera une matinée relax le long de ce canal vraiment plaisant : sinueux, boisé, avec comme seules difficultés pour cette fin de randonnée les « marches » espacées des écluses à monter jusqu’au lac-réservoir de Bouzey à proximité duquel nous pique-niquons. Il est d’ailleurs dommage que l’accès au lac ne soit pas indiqué depuis le canal : nous aurions bien aimé nous poser sur une de ses rives.

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Passé ce secteur, le chemin de halage surplombe le canal encaissé dans une courbe creusée dans le rocher et renforcée par de la maçonnerie : cela me rappelle la portion du canal du Midi entre les écluses de l’échelle à bateaux de Fonserranes et Carcassonne. Puis ce sont les marches descendantes d’une succession d’écluses et de larges bassins de « stockage » des péniches qui nous amènent, quasiment sans avoir à donner un seul coup de pédale, jusqu’à la passerelle bleue piétons/cyclistes (avec un virage en épingle à cheveux inadapté aux vélos + remorque enfant) permettant de bifurquer vers la branche du canal qui amène au port d’Epinal, à proximité du centre ville, en longeant la Moselle qu’il surplombe.

Après avoir traversé la ville en suivant une sorte de corridor vert, nous arrivons rapidement à la gare. Epinal, écrasée de chaleur, semble morte. Seul le libre-service de la gare permet d’acheter de quoi se rafraîchir. Le groupe s’étant dispersé, un ami n’a pas grand mal à me convaincre de l’accompagner jusqu’à Nancy par le premier TER.

L’itinéraire de cette 4ème étape

Il avait raison. En le suivant après qu’il ait branché son GPS, nous découvrons une ville agréable avec au moins 2 beaux parcs dans la ville, celui de la Pépinière et le parc botanique Ste Marie. Mais il suffit de quelques tours de roue pour rejoindre les chemins de halages de canaux, en activité ou abandonnés, mais aussi les voies vertes le long de la Meurthe, donnant ainsi l’impression que la nature est sinon au cœur, du moins aux portes de la ville.

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Cette très agréable randonnée confirme que le piémont de Vosges semble être une terre adaptée à la randonnée cycliste et ravive mes envies d’une randonnée Paris – Strasbourg.

Le diaporama complet de cette randonnée

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