week end du 15 août en Normandie

Posté par Jean-Jacques le 20 août 2016

Les prévisions météo annonçant un temps beau et très chaud pour ce w.e. du 15 août, j’ai décidé de partir prendre le frais et de faire un tour en bord de mer. C’est aussi l’occasion de tester ma tente de randonnée ultra légère reçue en fin de matinée du samedi.

Le temps de consulter les horaires de trains : pour la Côte d’Opale ? le samedi après-midi, aucun train direct et de plus des correspondances avec TGV cyclhostile… je regarde alors du côté de la Côte d’Albâtre et vois qu’en à peine 2h je peux être à Yvetot d’où il est facile de rejoindre l’aire de camping que j’ai repérée quelques km à l’ouest. Aussitôt je réserve mon billet A/R avec vélo non démonté gratuit, finis de préparer mon baluchon, prends le premier transilien pour la gare du Nord d’où je rejoins facilement celle de St Lazare, suffisamment tôt pour m’installer dans le TER de 14h48 qui se trouve vite bien chargé. (conseil aux cyclistes : arriver au moins 15-20mn avant le départ)

En partant d’Yvetot, je quitte bien vite la D6015 (l’ancienne nationale Rouen – Le Havre) pour la petite D34 qui, passant au pied du Vieux Chêne d’Allouville-Bellefosse semblant sorti tout droit d’une légende, conduit directement à Trouville-Alliquerville. J’en profite pour ouvrir une parenthèse : dans cette région les noms des villes, bourgs et villages se terminent par –fosse, -mare, -ville (écrasante majorité), -tot.

Grâce à la boulangère, dont la boutique fait aussi épicerie de dépannage et dépôt de journaux, je trouve facilement l’aire de camping au confort rustique mais vaste et aux tarifs modiques (pour un cyclocampeur, 4 € la nuitée)

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Rapidement installé à l’ombre d’une haie de grands arbres grâce au montage très intuitif de la tente, quelques courses faites à la boulangerie du « centre bourg », je prépare ma journée du lendemain : une boucle passant par Bec-de-Mortagne, Fécamp, Yport, Etretat, Criquetot l’Esneval, Lanquetot.

Après une bonne nuit, malgré le bruit de la circulation sur la départementale passante un peu trop proche, c’est sous un ciel uniformément gris et dans un air relativement frais que je pars sur les petites routes du bocage, moitié en suivant ma carte routière moitié nez au vent au gré de l’inspiration. Enfin, le bocage.. suite au passage triomphant du Grand Remembrement de l’après seconde guerre mondiale, il ne reste du bocage qu’un dense réseau de petites routes en très bon état, parfois encaissées entre de hauts talus ou bordées de haies dont certaines constituées d’arbres de hautes futaie, souvent des hêtres, généralement aux abords des habitations.

Après être passé voir le château d’Angerville-Bailleul, je descend doucement sur Fécamp par la vallée de Ganzeville. Au début quelconque avec ses champs de céréales, elle devient très agréable lorsque ses flancs boisés se resserrent sur des prairies.

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J’arrive ainsi aisément à Fécamp, dont j’avais gardé des souvenirs quelconques mais qui m’a beaucoup plu sous le soleil enfin revenu, avec son mélange d’activité touristique et de ville animée. Je ne suis pas parti tôt et j’ai flâné en route, aussi il est près de midi lorsque j’arrive sur le quai du port. Il y a du monde et, après un rapide repérage, je m’installe à la terrasse d’une brasserie pour déjeuner. Je fais bien car non seulement je constate que les touristes arrivent en nombre, mais surtout je me régale de fruits de mer et de fromages pour un prix contenu (26 €)

Je prolonge cette halte par un bain de mer dans une eau vivifiante (18° ?) sur la plage de galets (heureusement, j’avais pensé  à prendre mes tongs) et je ne sais pas ce qui est le plus délicat : entrer dans l’eau fraîche ou en sortir en se meurtrissant les pieds sur les galets. Mais ce n’est rien comparé au plaisir de nager et de faire la planche en entendant le bruit des galets roulés par le ressac.

La route vers Etretat monte en douceur, puis je quitte la départementale un peu chargée pour la bien plus calme route des valleuses d’Yport, de Vattetot et du curé. Leurs pentes plutôt raides et boisées contrastent avec le plateau sur lequel on voit bien plus de traces du bocage qu’à l’intérieur des terres. Pour autant la route est facile à suivre et offre de beaux points de vue.

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J’arrive à Etretat en pleine heure de pointe : la ville est bondée de piétons et voitures ! Je ne m’y attarde donc pas et en sors plein sud par la D39 en longeant un immense parking provisoire aménagé sur une prairie. A Villainville -je ne sais pas si les éditeurs de dessins animés, bandes dessinées et autres films de super héros connaissent son existence- je bifurque à gauche vers Les Loges puis navigue « à vue » en direction de Criquetot l’Esneval, notamment via l’agréable chemin vicinal « Route du Fond du Bois ».

Dans des paysages prenant parfois des côtés montagnards (avec les routes pentues qui vont avec, cf. la Côte des Galets)

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… je continue de louvoyer sur les petites routes « blanches » de ma carte Michelin et, en passant par Lanquetot, je constate que malgré les camemberts garnissant les étagères réfrigérées de nos libres-services, ce village est dépourvu de fromagerie. C’est que cette marque ne tire pas son nom de ce bourg, ou du moins pas directement.

Et c’est par la bien nommée rue du Bocage que je retrouve mon « chez moi ».

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Lundi 15 au matin je commence à plier bagages en constatant, comme la veille, que le double toit de ma tente n’est humide que sur l’avancée qui dépassait du couvert des arbres, aucune condensation sur la face interne. Mais il faudra vérifier dans des conditions moins favorables.

Je me dirige plein sud vers le bac du Port Jérôme, à ND de Gravenchon. Toujours par les petites routes : St Nicolas de la Haie, Anquetierville, Touffreville-la-Câble. Après avoir atteint le point le plus haut de l’altiplano normand (1 000 m) contre lequel viennent buter les eaux du puissant fleuve Seine, je plonge vers la vallée par une mystérieuse route ne figurant pas sur ma carte.

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Après quelques courses dans un commerce local providentiellement ouvert en ce jour de fête religieuse, dans lequel j’entends parler toutes sortes de langues, je traverse rapidement la ville pour rejoindre le bac de Port Jérôme. En effet, les rares ponts de cette région ne sont pas facilement accessibles ce qui a conduit les autorités locales à mettre en place un service public de traversée par bac.

La traversée du vaste complexe d’installations pétrochimiques qui chuintent, soufflent, bourdonnent, vibrent, preuve que le sous-sol doit regorger d’Or Noir, se fait par une large 2 x 2 voies bordée d’une piste cyclable. En arrivant au bac, je constate qu’un panneau d’avertissement informe que les cyclistes en cale doivent pousser leurs vélos. Je salue cette connaissance du cyclisme car, effectivement, contrairement aux chaussures de VTT, les chaussures de route à cales automatiques  saillantes sont particulièrement glissantes. C’est bien plus tard que j’ai compris que « cale » désignait la plateforme du bac où prennent place les véhicules et passagers.

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Il y a peu de monde et c’est donc après une brève attente que j’arrive sur la rive gauche, à Quilleboeuf-sur-Seine. De là, je pars vers les Boucles de Brotonne dans des effluves soufrées portées par le vent de secteur nord. Sachant que le soufre est bon pour certaines affections ORL et dermatologiques (Enghien les Bains en est la preuve), je me demande pourquoi Exxon, Mobil et consorts n’ont pas encore ouvert de station thermale.

Après une longue montée régulière, j’arrive à Trouville-la-Haule d’où, navigant à vue, je rejoins par de petites rues/routes/chemins, on ne sait plus trop, la D65 entre Seine et forêt.

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C’est à Port-Vieux que je pique-nique, sur un ancien quai offrant une vue panoramique sur cette boucle de la Seine. Je repars sous les frondaisons de la forêt de Brotonne, bien content d’avoir fait ce choix car la rive opposée, où ma carte semble indiquer l’existence d’une piste cyclable ou voie verte, est écrasée de soleil.

Peu après la découverte d’un des anciens phares datant d’avant les travaux d’aménagement de la Seine au milieu du 19ème siècle, je quitte la D65 pour emprunter la petite route parallèle d’un circuit des chaumières. Mais je sens l’heure tourner : à peu près à la hauteur du village de St Nicolas de Bliquetuit, alors que je vois le Pont de Brotonne se découper dans le ciel, je coupe par la petite « Route de la Forêt » qui me fait arriver pile à ND de Bliquetuit, à quelques km du bac que j’envisageais d’emprunter. Je dis envisageais car, après avoir constaté qu’il est soigneusement amarré à la rive opposée, je remarque l’avertissement « pas de service les w.e. et jours fériés ».

Je pédale donc vers Port Jumièges, poussé par le vent, avec l’anxiété de devoir continuer vers Le Mesnil sur Jumièges, voire même jusqu’à Duclair… Mais heureusement, alors que j’aperçois comme une sorte de ND de Paris cernée par la forêt ayant envahi Paris, je vois aussi avec soulagement le bac en train de traverser la Seine.

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Arrivé à Jumièges, je m’octroie au pied des majestueuses ruines de la basilique un rafraîchissement bien mérité. Je repars ensuite droit (ou presque) vers Yvetot en suivant, juste après Yainville, un réseau d’agréables routes passant tantôt dans les forêts à flanc de coteau, tantôt sur le plateau, entre Ste Marguerite sur Duclair, Betteville et la D5 qui, après une dernière jolie montée boisée, débouche sur Yvetot.

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Bref, encore un chouette w.e. dont voici le diaporama complet

2 Réponses à “week end du 15 août en Normandie”

  1. Anne-Lise dit :

    Merci, Jean-Jacques, ça fait envie, et me rappelle des souvenirs : lorsque je travaillais la nuit, parfois, je partais au petit matin prendre le train à la Gare St Lazare jusqu’à Rouen, un petit train allait ensuite à Bréauté Beuzeville, et de là, je me baladais à bicyclette jusqu’à ce que la fatigue du boulot se fasse sentir et que le sommeil me gagne, je n’avais alors aucun mal à dormir, même sur les galets…
    Tes photos sont très belles et nous font croire à une Normandie au climat quasi méditerranéen.

  2. Jean-Jacques dit :

    Bonjour Anne-Lise,
    J’ai toujours apprécié la Normandie, que ce soit en février (bien équipé) ou en été, seul ou en famille
    Mais tout de même avec une préférence pour le beau temps, surtout en cyclocamping.

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