Randonnée en Pays d’Apt – 5 jours en nov. 2014

Posté par Jean-Jacques le 15 novembre 2014

Vendredi

Comme souvent (mais pas pour la précédente édition) je retrouve mes compagnons de route très tôt sur le parvis d’une gare parisienne, celle de Lyon en l’occurrence. Nous n’avons pas le temps d’admirer les fresques de la salle des pas perdus : le TGV de 7h37 pour Avignon centre est annoncé.

gare de Lyon (photo empruntée à un de mes compagnons)

Nous quittons Paris sous une petite pluie fine qui me surprend mais c’est le grand soleil qui nous accueille à Avignon. La visite de l’esplanade du Palais des Papes et du Jardin des Doms n’en est que plus agréable, le Vaucluse se dévoilant sous son meilleur jour depuis ce rocher qui surplombe le Rhône assagi après les violentes pluies de ces derniers jours.

WP_001422  WP_001425

Il se fait tard et Marco, le local de l’étape, nous propose de nous mettre en route en passant devant l’une des boutiques d’une chaîne de boulangerie locale afin d’y déjeuner sur le pouce pour un prix modique. Nous y prenons finalement nos aises et c’est assez tardivement que nous nous dirigeons vers le rond point de Réalpanier où nous retrouvons l’itinéraire aller de l’an dernier. Passés le pont de l’avocat puis le village de Velleron, nous arrivons rapidement à Lagnes où, d’un commun accord, nous décidons de contourner la colline au lieu d’affronter la montée vers Cabrières d’Avignon.

Je regretterai ce choix car si la route est en bon état, on rejoint vite la D901 très passante. Même la petite D15 que nous prenons ensuite connait un trafic local assez intense, mais elle me rappelle les trajets en 403 avec mes grands-parents, lorsque nous allions à St Pantaléon. Nous la quittons pour bifurquer vers les Beaumettes que nous atteignons après une petite montée suivie d’une longue descente.

WP_001427 (1)

Alors que la nuit tombe car nous avons été ralentis par une crevaison, nous nous engageons sur la voie verte.

L’un de nous, parti depuis la gare d’Avignon explorer le Petit Luberon, nous attend au camping après avoir fait les courses que, par plaisanterie, je lui avais suggéré de faire car je me doutais qu’il serait là avant nous : merci l’ami !

Après avoir salué la sympathique gérante du camping, je m’installe avec la petite troupe et c’est dans une saine ambiance de chaleureuse camaraderie (expression consacrée) que nous engloutissons une roborative plâtrée de pâtes malgré la modestie du trajet effectué.

 Samedi

Comme convenu la veille, je me réveille vers 6h45 après une excellente nuit pour aller chercher le pain et les viennoiseries (croissants et pains au chocolat) sans lesquels une sortie vélotaf ne serait pas ce qu’elle doit être.

C’est que j’ai rendez-vous à la gare d’Avignon-TGV à partir de 11h30 pour récupérer trois autres comparses.

Je prends mon petit déjeuner alors que certains commencent à émerger de leur duvet, puis me mets en route dans la fraîcheur matinale. Il est environ 8h, l’air est vif et piquant : une fois sorti d’Apt, je constate que, malgré le grand soleil, il y a du givre sur certains bas côtés de la voie verte et dans les champs encore à l’ombre.

WP_001432

J’ai allumé le GPS et, comme la veille, je vois avec plaisir le petit triangle représentant ma position progresser le long de la trace affichée sur l’écran. C’est qu’à partir de Coustellet, il faut emprunter un réseau labyrinthique d’agréables petites routes, des chemins vicinaux goudronnés généralement en excellent état permettant d’éviter les départementales à fort trafic.

J’arrive facilement jusqu’à Caumont-sur-Durance, découvre le passage souterrain signalé la veille par notre ami et qui me permet de trouver un accès encore plus aisé à la voie verte/ véloroute le long de la Durance. Je découvre ensuite un accès direct à la gare TGV après un passage caillouteux laissant croire qu’il ne débouche sur rien, alors qu’en fait,  il permet la jonction avec la fin d’un aménagement cyclable et l’accès aux parkings ouest de la gare.

Mes nouveaux compagnons de route récupérés, un casse-croûte avalé plus rapidement que la veille, nous partons après que j’aie découvert, émerveillé, la fonction « inversion de parcours » de mon GPS. L’affichage de l’écran est bizarre (la Durance y apparaît à gauche alors qu’elle est sur notre droite) mais le guidage est sans faille. Le trajet, bien plus calme et agréable que la veille, traverse une sorte de Limousin provençal : une succession de pommeraies séparées par des haies de cyprès les protégeant du Mistral ainsi que par des canaux et rigoles de drainage car le sol, près du niveau de la nappe phréatique, est gorgé d’eau.

WP_001444

Hormis la crevaison d’un de nos vélos, nous arrivons rapidement et sans encombre au camping où nous apprenons que le repas du soir sera diététique et nourrissant : bières, rosé du Luberon et pizzas pris dans la grande salle commune hors-sac à l’entrée du camping.

 dimanche

Après une nuit pendant laquelle nous nous sommes tous réveillés en sueur, surpris par un subit radoucissement des T°, je vais chercher le petit-déjeuner sous un ciel menaçant chargé de lourds nuages, découvrant au hasard d’un changement de boulangerie qu’on peut trouver du pain frais sans gluten.

Nous traînons un peu pour nous restaurer et c’est assez tardivement que nous partons pour une boucle Voie verte vers Forcalquier -> montée progressive vers Castellet (qui se termine par une rampe courte mais raide) -> Saignon -> Buoux et son fort -> Apt.

NWP_141109_0000  WP_001454

Le temps est gris, sans plus, mais l’arrivée à Saignon se fait sous une « bonne » pluie qui, sans être diluvienne, nous incite à abréger la balade et à regagner Apt par une belle et courte descente que je n’aurais pas aimé monter. Halte bienvenue et dégoulinante dans un providentiel bar-restaurant-PMU où nous ne manquons pas d’attirer l’attention, notamment celle d’un « papy » dont je crois comprendre qu’il est d’origine anglaise et ancien cycliste mais qu’avec le grand âge…

Certains devant nous quitter dès le lendemain, nous décidons d’avancer à ce dimanche soir le repas de fin de séjour au restaurant. Je vais donc réserver 12 couverts « si possible en faisant une grande tablée là, comme l’an dernier », ce que le restaurateur accepte avec plaisir.

Un ou deux picon-bière plus tard, pris dans un proche café pour patienter, et nous nous attablons pour déguster les plats cuisinés au feu de bois : légumes farcis, poulet à la provençale, camembert chaud dans sa boîte avec salade et charcuterie, fromage de banon servi chaud dans ses feuilles de châtaignier, et pour finir (non, je n’ai pas dit « se finir ») liqueur de lavande, alcool de farigoule (40° tout de même) et autres dont le patron finira par laisser les bouteilles sur la table. Bref, pour 26 € vin compris, nous nous sommes régalés.

 Lundi

Pour éviter la déconvenue de la veille, la boucle prévue Voie verte -> Viens (prononcer le S final) -> gorges d’Oppédette -> Simiane la Rotonde est annulée et remplacée par la proposition d’une visite du Colorado provençal tout proche, qui pourra être suivie soit d’un retour anticipé, soit d’une balade passant par St Saturnin les Apt, Lioux, Joucas, Roussillon, puis retour sur Apt via le pont Julien et la voie verte.

Le Colorado, même sous un ciel plombé, reste fidèle à sa réputation : on en prend plein les yeux. Et encore, nous n’avons pas pris le temps de parcourir toute son étendue car il nous aurait bien fallu toute la journée.

NWP_141110_0001

Le ciel s’éclaircissant, nous décidons d’aller pique-niquer à Rustrel dont nous apercevons le massif château de style provençal. Arrivés dans le village, nous doublons le chiffre d’affaire de l’épicerie/ dépôt de pain/ bureau de poste et c’est sur les terrasses devant le gîte rural que nous nous restaurons. (le château fait mairie d’un côté, gîte rural de l’autre)

NWP_141110_0002

Après un café pris à la terrasse d’un des deux bars du village, qui me permettra de bavarder avec mon frère qui habite ici, nous nous dirigeons vers St Saturnin les Apt.

Ca commence par une looongue descente, puis la route parcours un paysage vallonné dominé sur la droite par les contreforts du plateau de St Christol, aussi appelé plateau d’Albion. Un peu avant St Saturnin, nous voyons sur notre gauche le village de Villars perché sur sa butte (la plupart des villages provençaux sont sur des hauteurs : pour des raisons défensives je suppose, mais aussi pour libérer les terres cultivables)

St Saturnin les Apt se reconnait facilement aux ruines de son château perché sur l’imposante dalle inclinée de l’éperon rocheux qui domine la ville. Mais nous n’y monterons pas cette fois : nous nous contenterons de découvrir les figues de barbarie locales, différentes de celles que l’on peut trouver sur les étals des marchés franciliens car plus fragiles et peut-être moins goûteuses, il faudra que je pense à vérifier.

IMG_5245   IMG_5244

Nous reprenons la balade par une route qui monte doucement et régulièrement vers la combe de Font Jouvale : pause au détour d’un virage pour admirer le panorama offert par un promontoire rocheux, puis descente vers le pont qui franchit la combe et montée vers le carrefour des routes de Lioux et de Sault.

Nous prenons à gauche la descente vers Lioux : belle route tant par le paysage que par le revêtement, virages agréables à négocier… je me lâche et rattrape avant le village la voiture qui nous avait doublé en haut.

Pause sur la place du village dominé par la masse de l’imposante falaise au pied de laquelle il est blotti. Le joli bâtiment de la mairie est surmonté d’un original clocheton d’où s’échappe le son d’une cloche qui semble fêlée.

Nous repartons vers Joucas par une route à nouveau en descente avec juste une petite côte au bas du vallon. Arrêt au pied du village perché pour quelques photos, puis demi-tour vers Roussillon. L’arrivée est trompeuse : la route semble vouloir monter au village en en faisant progressivement le tour, mais à une intersection en T on doit tourner à gauche et on attaque la pente pour une montée courte mais intense. Notre ami suisse m’a dépassé peu avant : je m’efforce de le suivre sans trop me faire distancer et finalement je le rejoins, essoufflé et en sueur, pour une halte au pied d’un dernier ressaut.

dsc_2014-11-10_SC01094_1

Après être montés tout en haut du village, quasiment désert en cette période (l’été, il grouille de touristes) nous découvrons toute la région alentours et un chat amical (la Provence semble être le pays des chats).

WP_001474

Une crevaison lente réparée, les photos prises, nous descendons vers le Pont Julien, atteint en un temps record non sans avoir profité d’un arrêt pour saisir les rayons du soleil couchant passant sous les nuages et éclairant les collines au niveau du village de Bonnieux.

Retour à Apt par la voie verte désormais bien connue.

Le repas du soir, principalement constitué de pantagruéliques assiettées de pâtes, nous permettra d’essayer de finir un maximum de restes.

 Mardi

Réveil matinal car le premier train est vers midi à Avignon centre. Dernier petit-déjeuner dans la salle hors-sac et départ sous un ciel incertain qui tournera vite à la pluie, pluie qui nous accompagnera, malgré de trop brèves accalmies, jusque Avignon où elle cessera enfin.

WP_001475

Elle aura au moins eu l’avantage de nous obliger à limiter les haltes au strict nécessaire (se regrouper et boire un coup) ce qui, grâce à un pédalage régulier sans être vraiment rapide, nous permet d’arriver très en avance.

Pause boissons chaudes et pâtisseries au café/ pâtisserie à gauche juste avant l’entrée de la place de l’Horloge, déjà apprécié l’an dernier, avant d’accompagner les premiers partants d’Avignon centre.

Ensuite, je démonte mon vélo avant de l’emballer sous une housse minimaliste ©Alfapac et Scotch.

Une fois installé, je constate que :

-       le vélo tient parfaitement dans l’espace bagages du TGV duplex

WP_001478 

-       ledit TGV offre aux voyageurs plus d’espace qu’un TGV classique

Arrivé à l’heure je prends tranquillement le temps de remonter mon vélo avant de rejoindre la gare du Nord d’où un transilien me dépose quasiment devant chez moi.

Pour conclure :

  • je valide la transformation de mon vélo de route en randonneuse légère, seul le porte-paquet sur tige de selle devra être changé pour un modèle empêchant les sacoches cavalières de ma sacoche Topeak transformable de venir taper dans la roue
  • séjour une nouvelle fois très agréable malgré la météo
  • j’ai des idées de balades pour l’édition 2015 qui, le 11 nov. étant un mercredi, pourrait s’étaler sur 9 jours pour celles et ceux pouvant prendre les 4 jours de part et d’autre de ce mercredi.

Enfin, mon diaporama où l’on peut me voir en pleine action !

Mais aussi le récit d’un autre participant, avec d’autres photos, et la vidéo du tour du Grand Luberon réalisée par un 3ème larron.

Laisser un commentaire

 

mademoizl |
Environnement TCHAD |
adminactu |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | carsplus production
| RADIO JUSTICE
| JCM