Toulouse – Agen par le Canal de Garonne en cyclocamping

Posté par Jean-Jacques le 19 mai 2014

L’an dernier, j’avais emmené Rayan jusqu’à Carcassonne le long du canal du Midi. Il avait apprécié l’aventure malgré le vent et le mauvais état du chemin de halage à partir de Port Lauragais. Aussi cette année j’ai décidé d’aller nous promener du 4 au 7 mai du côté opposé, le long du canal latéral à la Garonne dit aussi Canal de Garonne, jusqu’à Aiguillon. Et ce fut une promenade, la preuve :

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Compte tenu des prévisions météo annonçant une dégradation à partir de mardi après-midi, j’ai avancé le départ au dimanche matin afin de profiter au maximum du grand beau temps. Le voyage commence par un TER « vélos », en fait une rame Corail reconditionnée avec 2 crochets à vélos sur la plateforme de la voiture de tête… alors que nous sommes plutôt en queue. La randonnée commence donc par une épreuve digne d’Intervilles : sprint vélos en main jusqu’à la motrice puis escalade de l’étroit escalier en maîtrisant la porte pliante qui ne demande qu’à se refermer au mauvais moment. Mais nous arrivons à Toulouse-Matabiau à l’heure prévue (env. 12h30) et c’est bien l’essentiel. Comme nous avons de quoi nous sustenter jusqu’au soir, nous nous élançons sans tarder. Enfin, à allure pépère hein, c’est une longue promenade, pas plus. Les ponts Jumeaux, tout au moins qui l’étaient jusqu’à l’ouverture du canal latéral à la Garonne qui nécessita la construction du troisième pont, au fond à gauche : DSC01033 Le chemin de halage est plein de cyclistes, rolleurs, promeneurs, à tel point que Rayan finit par trouver qu’il y a bien trop de monde pour rouler tranquillement : il faut faire attention à ceux que l’on croise et à ceux qui nous doublent. Après un pique-nique pris au soleil, nous arrivons d’autant plus facilement à Grisolles qu’un petit vent favorable nous pousse.

Après avoir quitté le canal, l’accès au camping Aquitaine se fait par la D820, heureusement calme en cette fin de dimanche après-midi, puis par un raidillon avec un miroir d’angle mort permettant de réaliser un selfie -c’est à la mode- et nous pouvons enfin nous installer en profitant de la vue et d’un voisin inattendu, un Vulcain.  

DSC01048 Après une nuit très fraîche (j’apprendrai plus tard qu’il y a eu des gelées blanches dans le Sud-ouest) bercée par les coassements de batraciens, puis la reprise de la circulation routière sur la départementale, un bon petit-déjeuner nous permet de reprendre notre balade avec pour objectif Moissac, sur une voie verte désormais quasiment déserte car nous sommes lundi. C’est agréable de pourvoir rouler côte à côte par ce beau temps et de goûter aux fleurs sucrées d’acacia (plus exactement de Robinier faux acacia). DSC01050

Pique-nique à Montech après y avoir fait quelques courses, sur une table près du port et d’une aire de jeu, hélas déserte, avec au passage l’exposé pédagogique d’une technique de réhabilitation des berges 

 En repartant, nous longeons la « pente d’eau » de Montech, sorte d’équivalent du plan incliné de Saint-Louis Arzviller dans les Vosges : un engin puissamment motorisé constitué de 2 motrices ferroviaires accouplées (2 x 1 000 cv) pousse devant lui dans une rigole bétonnée l’eau sur laquelle flotte la péniche (ou la retient pour la descente) ; on trouve sans peine sur Internet des photos et informations sur cet ouvrage, notamment un projet de remise en service prévue pour 2015. Cette pente forme un contraste saisissant avec le paysage habituel du canal L’arrivée à Moissac s’annonce par une rencontre familiale (une cane et ses canetons) puis la découverte d’un étonnant complexe hôtelier désert, avant de franchir le premier des 2 plus beaux ponts-canaux de notre  périple : DSC01068

Après avoir demandé notre chemin à l’office du tourisme de Moissac (ville qui devrait développer sa politique cyclable, ses rues s’y prêtent) nous nous installons dans le camping de l’Île du Bidounet, le plus près possible du Tarn et de son pont-canal, qu’après le dîner nous allons voir de plus près, à vélo bien sûr :

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en observant une étrange flore dans le bas-côté de la route.

Nous ne visiterons pas Moissac, que Rayan n’a pas du tout aimé (mais il l’a dit plus trivialement) peut-être à cause du « cyclhostile » pont Napoléon (étroit et très passant : le Grand homme n’avait visiblement pas pensé à la cohabitation cyclistes/ véhicules de transport) le seul permettant de rallier rapidement le centre ville. Mais le lendemain, en repartant vers Agen :

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Le canal, coincé dans un couloir de circulation entre voie ferrée et départementale à fort trafic, qui parfois s’éloigne et se fait oublier derrière des rideaux d’arbre, nous offre tout de même quelques beaux points de vue ainsi que la découverte de prêles, une plante préhistorique qui atteignait alors la taille d’un arbre. (si mes souvenirs de lectures encyclopédiques sur cette période sont exacts) 

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Depuis Moissac nous dépassons de nombreux pèlerins, aisément reconnaissables à leur sac à dos orné d’une coquille St Jacques, puis quittons brièvement le canal à Malause pour aller acheter de quoi pique-niquer. Ensuite, petite pause boisson et grignotage d’un mélange de fruits secs et de fruits séchés.

Nous pique-niquons un peu plus loin, à la hauteur de Golfech, sur le pont-canal de la Barguelonne. En reprenant notre route, Rayan a le bref espoir de pouvoir suivre une famille avec enfants. Mais hélas, elle quitte le canal pour sans doute rejoindre leur maison.

Un peu plus loin, un crochet nous fait passer devant le bâtiment pimpant de l’abattoir derrière lequel nous découvrons, entassées dans les herbes folles, les inquiétantes carcasses rouillées des restes d’un parc d’attraction abandonné.

C’est pourtant à cet endroit que le canal nous offre un de ses cadres les plus verdoyants

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Le ciel se voile, devient uniformément gris, et c’est sous une petite pluie que nous faisons halte un peu avant Agen pour une pause casse-croûte. Trouver l’endroit est facile, c’est juste après ce vieux toit végétalisé :

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Nous repartons sous la faible pluie qui ne nous dérange pas : à peine si on hésite un peu avant d’enfiler notre blouson de pluie « au cas où », histoire de ne pas être victimes d’une version cycliste du paradoxe de la grenouille en nous retrouvant trempés jusqu’à l’os à cause d’une soudaine grosse averse.

Nous atteignons Agen presque sans nous en rendre compte et traversons la ville par un cheminement agréable alors que la pluie a cessé. Après être allés jusqu’au pont-canal, je songe à demander par téléphone notre chemin au gérant du camping. Je note scrupuleusement ses indications, mais dois demander mon chemin pour trouver le point de départ, l’Intermarché du quartier de Bon Encontre qu’il n’a pas su m’indiquer à partir du canal.

Un cycliste de passage me dit que nous devons retraverser toute la ville. Puis nous rencontrons des employés municipaux qui me parlent d’une église, de ronds-points, de tourner à gauche puis à droite puis… bref un cheminement sans doute clair dans leur tête mais dont la description est extraordinairement compliquée.

Nous commençons à suivre la route indiquée, plutôt calme, ne voyons aucune église et nous retrouvons rapidement en dehors de la ville… je connais Rayan : il ne doit pas être rassuré et puis autant vérifier au plus tôt où nous sommes. Je dégaine alors mon smartphone et, à partir de la cartographie couplée à la fonction GPS, nous découvrons que nous sommes, sinon sur la bonne route, du moins dans la bonne direction, celle de Cahors.

Nous atteignons rapidement Pont du Casse et la longue montée qui, après être passée devant l’église, mène au camp d’accrobranche Happy Forest où se trouve le camping. Rayan en bave, met pied à terre deux fois mais persévère, comprend l’intérêt et le fonctionnement des dérailleurs (bien obligé !) et de l’effort régulier, pédalant souplement en « moulinant » et finit ainsi par triompher du relief.  

Le camping, en terrasse en haut d’un vallon, nous offre une vue splendide malgré les mauvaises conditions météoSur la première photo, le petit triangle rouge à gauche sous les arbres est une tente suspendue

DSC01134 DSC01133 Quelques courses au supermarché en bas de la côte (j’y suis allé seul) nous permettent de prendre un repas de rois pour fêter notre ascension : pilons d’ailes de poulet (saveurs barbecue et tex-mex), accompagnement principal à base de quinoa, fromage Babybel, baguette fantaisie en épis, salade de fruit au sirop léger.

Un poney vient nous tenir compagnie avant de regagner ses pénates. Je l’entendrai dans la nuit revenir brouter l’herbe autour de la tente, malgré la petite pluie qui s’est remise à tomber. Après une bonne nuit, le réveil est humide :

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mais la tente, finalement peu mouillée, est facilement repliée puis, après avoir réglé la note (plutôt salée : 17,80 € : se mouchent pas du coude chez Happy Forest vu les conditions rustiques -mais avec eau chaude et électricité)  nous prenons le chemin du retour qui nous a été indiqué. Il est bien plus simple et surtout facile à suivre ; tout en descente excepté au départ une ou deux « bosses » que Rayan monte en danseuse comme si de rien n’était :

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Arrivés sans encombre sur le canal, nous retraversons Agen, en nous tirant même une petite bourre qui fait rayonner Rayan : « t’as vu, je reste à ta hauteur ! ». Nous arrivons ainsi rapidement au pont-canal, condition que j’avais mise à l’interruption prématurée de la balade, Rayan étant lassé de ne pas se trouver de copains :  »OK, on s’arrête à Agen mais avant d’aller à la gare, on va voir le pont-canal. » Tout en pierre de taille, il est impressionnant par ses dimensions

Nous retournons dans Agen via l’agréable véloroute qui longe le port, puis arrivons à la gare vers 10h15 grâce à une passerelle aboutissant directement sur le parvis. Le premier TER pour Toulouse partant vers 12h30, nous occupons l’attente en visitant à pied une partie du vieil Agen. Ses rues sont agréables, avec une belle artère piétonne pavée (comparable à la rue Alsace-Lorraine de Toulouse) mais aussi de plus petites rues bordées de maisons à colombage (et briques bien sûr) des placettes, des arcades commerçantes

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Bon, c’est décidé : l’an prochain, nous irons au bord de la mer !!

Post-scriptum : le tracé de notre modeste périple et le diaporama

 

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