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Randonnées en pays d’Apt – 5 jours en nov.2013

Posté par Jean-Jacques le 23 novembre 2013

9 participant(e)s venu(e)s de divers horizons: Bordeaux, Dijon, Orléans, Fontainebleau, Paris et sa proche banlieue. Seul point commun : nous nous déplaçons quotidiennement à vélo, notamment pour aller au travail.

Lieu : Apt (84) dont le Camping municipal des Cèdres, un des rares encore ouverts (il ferme le 15 nov.), est parfait comme camp de base pour des randonnées « en marguerite ». Quand on part, on quitte la vallée et ça monte, mais au retour on descend.

Hébergement : dans des Bengalis (confortables bungalows en grosse toile de bâche, avec mention spéciale pour l’excellente literie) et sous la tente pour 2 courageux

Vendredi 8 nov.  
Tôt le matin, le transilien qui m’emmène à la gare du Nord est peu chargé, je suis détendu… jusqu’à ce que je découvre avoir oublié mon phare AV ! Mais pour quoi faut-il que j’oublie TOUJOURS quelque chose en partant ? 
Le trajet jusqu’à la gare de Lyon se fait rapidement : les rues parisiennes sont parfaitement roulantes aux alentours de 7h du matin.

Je suis le seul cycliste dans le TGV mais plus sur le parvis de la gare d’Avignon-centre où je retrouve 4 participants dont 2 inconnus : un dijonnais au trike sapin de Noël, et un bordelais au Van Nicholas en titane à moyeu à vitesses et porte bagage surbaissé avant.
D’un commun accord, nous décidons de commencer par une incursion touristique dans Avignon : tout droit direction la place de l’Horloge puis l’esplanade du Palais des Papes d’où nous montons vers un lieu de repos bien connu des avignonnais : le jardin du Rocher des Doms (rebaptisé semble-t-il, je n’ai pas relevé le nom) qui offre une vue panoramique à plus de 180° sur le pont St Bénézet et toute la région au nord d’Avignon
De là, nous redescendons vers le centre ville pour une agréable pause déjeuner à la terrasse d’un petit restau sympa 

Quelques gouttelettes de pluie rappellent que la météo n’est pas optimiste et nous font lever le camp. Rapidement, nous trouvons le chemin conseillé par le comité départemental du tourisme : l’anneau de vitesse l’immense rond-point quasi autoroutier de Réalpanier, St Saturnin les Avignon et sa longue descente vers la plaine puis, après avoir franchi le joli pont de l’Avocat, Velleron d’où, en coupant par le centre ville, nous allons jusqu’à la départementale menant à l’Isle sur la Sorgue puis la montée vers Lagnes, courte mais sèche, qui se prolonge jusqu’au « col » de Cabrières d’Avignon. Je la sens bien passer avec les bagages !

Un trajet vallonné nous emmène jusqu’à la descente vers Les Beaumettes et le début de la Voie Verte du Calavon.

Son revêtement est du billard, les paysages très agréables, mais jusqu’aux environs d’Apt le plaisir d’y rouler est gâché par les intersections avec les petites routes de campagne équipées de chicanes si serrées qu’il en faut presque poser pied à terre pour les franchir : je plains les cyclistes en tandem ou avec remorque ! Mais quelle mouche à bien pu piquer les concepteurs de cette partie ? d’autant plus qu’ensuite, les chicanes sont bien plus cyclamicales ; dommage et incompréhensible !

Arrivée nocturne (sans lampe AV, je n’en mène pas large) sur Apt : « c’est beau une ville la nuit », vue depuis la voie verte en corniche surplombant les toits. L’accueil au camping, juste en contrebas de la voie est cordial : je confirme le nombre de participants, de bengalis et convenons que le paiement global se fera mardi matin, la gérante n’ayant pas envie de rejouer le sketch de l’addition ©Muriel Robin.

Samedi 9
Après une bonne nuit, lever et départ nocturnes pour aller chercher les arrivant(e)s du samedi matin.
L’étude de la carte IGN au 1/100.000 et mes souvenirs de repérage sur Streetview laissent penser que l’on devrait pouvoir rejoindre la gare Avignon-TGV par de petites routes de la plaine au sud d’Avignon, entre Oppède, Caumont sur Durance, le sud de l’aérodrome et les rives de la Durance elle-même.
Nous louvoyons ainsi en évitant autant que faire se peut les routes à fort trafic, petites ou grandes, avant de déboucher sur la voie verte/ véloroute entre la Durance et la LGV, avec un bon petit vent de nord qui, s’il a le mérite de dégager complètement le ciel, nous oblige à rouler en gruppetto pour éviter de trop fatiguer et tenir la cadence.
Arrivés dans le secteur de la gare d’Avignon-TGV nous constatons que cela se termine hélas :

  • soit par une zone (au sens argotique du terme) parsemée de dépôts sauvages de déchets divers
  • soit en butant sur une voie ferrée en construction qui coupe un pratique accès quasi direct aux parkings de la gare

A l’heure prévue, nous retrouvons nos comparses (dont un me remet une lampe de dépannage) et c’est à 7 que nous refaisons le trajet de la veille, le restaurant étant remplacé par un pique-nique sur le Rocher des Doms, sur la pelouse ensoleillée d’une terrasse à l’abri du vent.
Nos ami(e)s découvrent la longue et régulière rampe d’accès à St Saturnin les Avignon, la belle route (et large heureusement, vu le trafic) allant vers Pernes les Fontaines, d’où nous bifurquons vers Velleron, où nous ferons une pause café.
Nous repartons vers l’Isle sur la Sorgue en prenant dans le bas du village le chemin des Nesquières, une petite route balisée « itinéraire cyclable ». Très agréable au début, elle devient vite un champ de mines : au revêtement fortement dégradé s’ajoute un patchwork de nids de poule et grosses rustines de goudron en relief. Nous aurions mieux fait de prendre la départementale de la veille. Heureusement cela ne dure pas trop longtemps et nous retrouvons rapidement notre itinéraire. 

L’une de nous nous fait une petite frayeur dans Lagnes lorsque, bien qu’on sache qu’elle n’est pas une grimpeuse confirmée, son retard devient alarmant. Elle est retrouvée bien bien vite « Mon GPS me disait qu’il fallait tourner à droite ».
Après la montée vers le « col de Cabrières » puis 2 autres courtes grimpettes, nous voilà sur la voie verte où nous retrouvons 2 d’entre-nous restés au camping le matin mais venus à notre rencontre.
Les nouveaux s’extasient sur la voie verte et c’est encore de nuit que nous arrivons à Apt où l’Intermarché est vite dévalisé en prévision du dimanche et du lundi férié. Judicieuse idée car nous sommes complètement hors saison .

Dimanche 10
Nous partons sous un ciel maussade sur la Route des Ocres. Le début de l’itinéraire, qui passe devant l’usine des Ocres de France, nous laisse sceptiques car il se poursuit sur la D900 qui dessert Apt. (revêtement moyen et trafic intense)
Heureusement nous la quittons vite et, dans la montée vers Gargas, à la faveur d’une halte le long d’un lotissement pour ôter mon blouson de pluie, je fais la connaissance d’un type bedonnant sorti tailler sa haie d’une main tremblante. C’est en fait un cyclotouriste membre de la « Confrérie des 650″, qui est passé au trike (un Performer acheté à Buis les Barronnies) depuis qu’il est parkinsonien et ne peut plus conduire un vélo conventionnel.
Plus loin, nous découvrons enfin un filon d’ocre et une mine abandonnée. Nous y descendons avec un peu la sensation de nous transformer en explorateurs méridionaux, ce qui donne tout de suite un côté jovial et aimable à la chose…

La pause déjeuner se fera après avoir grimpé, sous une faible pluie, la colline où est juché le joli village de Roussillon.
A partir de là, c’est sous de gros nuages menaçants chassés par le vent et le soleil que nous nous dirigeons vers St Saturnin les Apt que nous contournons par de très agréables petites routes dans la campagne vallonnée.
Une dernière « vraie » montée vers le rond point situé au bas de Rustrel, où le fléchage nous dit de monter par une belle rampe rectiligne à 6 %… alors que nous aurions très bien pu passer par une route de contournement, et nous voilà au Colorado provençal où nous laissons les vélos.

C’est le début de la fin d’après-midi, le ciel reste menaçant, aussi n’avons-nous pas le temps de vraiment parcourir ce site immense insoupçonnable depuis la route. Et c’est sous les puissantes rafales annoncées par la météo (35 km/h avec rafales à 85) que nous descendons vers le camping où, après un nouveau dîner communautaire pris dans le bengali des garçons, l’enfer du jeu du Uno se déchaîne. 
Je laisse mes camarades rejouer « Macao l’enfer du jeu » jusqu’à je ne sais quelle heure.

Lundi 11
Le petit-déjeuner est pris un peu plus rapidement que la veille me semble-t-il. Heureusement car j’ai proposé un circuit Apt -> Roussillon -> Murs -> Lioux -> St Saturnin-les-Apt qui pourrait être assez physique. Il le fut.
Nous prenons la voie verte jusqu’à la partie où elle se transforme en véloroute empruntant une partie de départementale un peu passante. De là nous montons vers Roussillon d’où nous redescendons (et quelle descente !) vers Murs.
C’est un village perché sur un petit plateau à environ 500m d’altitude dont l’accès se mérite. Surtout aujourd’hui où le vent qui, s’il nous offre un grand ciel bleu parfaitement dégagé, rajoute quelques degrés au % de la pente ininterrompue. Mais nos efforts méritoires sont récompensés par :

  • un accueil officiel par M. le Maire et les notables du village (nous arrivons pile pour le début de la commémoration de l’Armistice, à laquelle nous assisterons en silence jusqu’au bout)
  • et un lieu de pique-nique ensoleillé à l’abri du vent et des regards

Nous repartons vers Lioux par une petite route traversant des collines boisées de maquis : chênes verts, genets, buis, sumacs rouge sang, arbustes et plantes aromatiques. Après une descente vers un creux de vallon, une rampe bien raide – mais courte – nous demande encore un bon coup de collier.
Enfin nous débouchons en vue de Lioux et sa falaise : la petite route qui y mène est en parfait état, toute en descente avec des parties plus ou moins droites, des virages, des lacets… bref un vrai plaisir à dévaler, mais avec prudence car les récentes averses ont parfois entraîné un peu de terre, gravier et cailloux dans certains virages.
Dans la vallée, l’impressionnante falaise nous domine de toute sa masse. Nous la longeons un peu avant de monter vers Lioux et sa jolie place de la mairie.

A la sortie de Lioux, nous prenons à droite une petite route qui commence par monter un peu sec. Je dis un peu car sur la fin elle se transforme en quelques lacets dans lesquels je manque caler bien que je sois « tout à gauche » en 28×32. Je bénis mon vélociste d’avoir pu remplacer la couronne de 30.
La descente vers St Saturnin commence par un raidillon presque rectiligne à bien 17 % qui nous propulse comme des balles : je n’aurais pas aimé le monter dans l’autre sens !
Nous débouchons sur une départementale peu fréquentée, en faible pente descendante ou horizontale, au revêtement granuleux en état moyen qui gâche un peu le plaisir d’y rouler. Dans un virage, nous faisons une halte pour rejoindre le sommet d’un promontoire rocheux.

A l’entrée de St Saturnin, en contrebas du muret le long duquel nous faisons halte pour nous regrouper, nous découvrons un massif de cactus garni de figues de barbaries, les mêmes que le long de la voie verte juste à l’entrée de la tranchée d’Apt.
Contrairement à celles que l’on peut trouver sur les marchés franciliens elles sont violet sombre, avec une peau fine et souple garnie de peu de piquants. Le goût est doux et avec la langue on arrive facilement à séparer la chair d’une multitude de petits pépins durs comme du bois, ces derniers permettant l’improvisation d’un concours de lancer de « mitraille de pépins ».
Nous montons ensuite sur l’éperon rocheux des ruines du château, derrière lequel mes camarades ont la surprise de découvrir le petit lac d’un barrage, invisible depuis la route. Pour revenir sur la voie verte, nous traçons directement via la route principale, toute en descente et faux plats descendants. Nous y arrivons à la nuit tombée.

La soirée est consacrée à un repas de fin de séjour dans le restaurant du Palais (place de la Mairie) le seul ouvert dans Apt. Le gérant et sa compagne sont aimables et discrets, la cuisine goûteuse et parfumée : lapin à la tomate et romarin, légumes provençaux farcis, pizzas, le tout arrosé d’un rosé du Lubéron après le Kir à la lavande de l’apéritif.
Nous en sortons alors qu’un froid véritable commence à se faire sentir.

Mardi 12
Les bagages, pour certain(e)s préparés la veille, sont vite bouclés, les bengalis rangés, la facture du camping réglée et c’est dans un froid piquant (-1°) que nous partons sur la voie verte ensoleillée.
Le rythme est assez soutenu puisque malgré un petit vent défavorable, la voie verte est en faux plat descendant. Seuls ralentissements notables :

  • une halte pour admirer le pont Julien
  • le trike du dijonnais dont une des roues AV plonge dans un regard dont une plaque d’obturation, abîmée et mal positionnée, est tombée à son passage

A peine une petite pause au bout de la voie verte et nous repartons vers Caumont sur Durance. Nous retrouvons l’itinéraire emprunté samedi matin, constatons que le ballast de l’ancienne voie ferrée menant à Cavaillon est encore visible par endroits, et c’est au bord d’un verger de pommiers qui nous abritent un peu du vent que nous pique-niquons sous un grand ciel bleu.
Certain(e)s en profitent pour faire le plein de pommes oubliées après la récolte et nous repartons sur les petites routes de campagne après que le dijonnais soit retourné à Apt où il a laissé sa voiture : il voulait pédaler encore un peu avec nous et profiter de la région. 
Un bout de départementale à fort trafic et radar pédagogique, la traversée d’une autre route très passante, un bout de bande d’arrêt d’urgence à la sortie de Caumont sur Durance, passage sous le viaduc de la LGV puis sous une autoroute, et nous voilà longeant l’aérodrome d’Avignon.

Nous arrivons dans la ceinture verte (agriculture, loisirs et… je-sais-plus-quoi, proclame un panneau) sur une route le long d’un canal, bordée de quelques dépôts sauvages de déchets et  se terminant en impasse sur une centrale à béton, d’où on accède enfin à la « voie verte / véloroute » entre la Durance et la LGV. La hauteur à laquelle se trouve la LGV et sa digue de protection, au regard de la largeur du lit du fleuve, montrent que ce dernier doit être capable de crues historiques mémorables.

Pour accéder à Avignon-TGV nous évitons d’aller jusqu’à la zone des caraques et boumians sédentarisés et coupons au plus court vers les parkings en franchissant la fameuse voie ferrée en construction citée plus haut.

De là, avec notre ami bordelais qui pourra ainsi repérer le trajet pour revenir prendre son train (mais errera un peu en ayant eu le tort de vouloir passer ailleurs) nous nous dirigeons vers le centre ville d’Avignon en suivant un itinéraire cyclable mais comment dire, perfectible, se terminant par un étroit trottoir.
C’est à la terrasse d’un café près de la place de l’Horloge que nous prenons un dernier pot à base de cafés et chocolats chauds.
Encore quelques coups de pédale sur l’avenue en « contresens cyclable / arrêt minute » qui mène droit à la gare et nous voila dans la salle d’attente où certains, faute de place vélo réservée, procèdent au démontage et mise sous housse de leurs vélos.

Dans le TGV, arrivé et parti à l’heure, nous arrivons à nous regrouper dans une sorte de « carré cycliste » qui nous permet de bavarder, admirer les OVNIS constitués par quelques nuages lenticulaires se découpant dans le couchant, regarder les photos et vidéos prises par les une et les autres.
Je ne résiste pas au plaisir orgueilleux de citer un commentaire me concernant « Il est classe JJ, on dirait qu’il ne force jamais »

Pour vous récompenser d’avoir lu ce long texte : voici mon diaporama

Aller ! on remet ça en 2014 pour aller découvrir le Lubéron ?! le 11 nov. sera un mardi ! 

Quelques infos cartographiques :

  • trajet Avignon-centre -> Apt : env. 64 km, facile mais avec un passage de difficulté moyenne (la grosse colline entre Lagnes et Cabrières d’Avignon)
  • circuit de la Route des Ocres : env. 52 km vallonnés, sans vraie difficulté
  • boucle Apt – Roussillon – Murs – St Saturnin les Apt près de 55 km vallonnés avec 2 difficultés : la montée vers Murs puis la sortie de Lioux vers St Saturnin les Apt. Explication du profil, sauf erreur : 1ère bosse : la colline de Roussillon - 2ème bosse : la montée vers Murs, suivie d’un « plateau » puis de la descente vers Lioux - 3ème bosse : nouvelle montée, vers Lioux et sa petite route à droite à la sortie, avant de redescendre sur St Saturnin-les-Apt - dernière forte pente colorée : la sortie de St Saturnin.
  • trajet Apt -> Avignon-TGV via Oppède et Caumont-sur-Durance, env. 59 km sans aucune difficulté (sauf le vent en cas de Mistral)

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