Enghien Dieppe : 50% !

Posté par Jean-Jacques le 6 mai 2011

50 % ? En fait, c’est plutôt aux alentours de 60 % car pour préparer un Enghien Dieppe en cyclocamping début juin (pont de l’Ascension) je viens de faire Méry/Oise Beauvoir en Lyons, à quelques km de Forges les Eaux. Voici le compte rendu de mon Odyssée : 

07h30 : Je quitte la gare de Méry-sur-Oise pour me laisser glisser dans la descente sur Auvers-sur-Oise dont l’église m’apparait au loin. (le flou est du au grossissement numérique de mon vieux smartphone poussé au maximum : si un mécène veut m’offrir un appareil photo numérique…) :

 

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Je franchis le pont sur l’Oise, calme comme un lac, avant de m’engager un peu plus loin, après les rails d’une ancienne voie ferrée (repère infaillible pour ne pas rater l’embranchement), dans la vallée du Sausseron, en direction de Nesles-la-Vallée.

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La route parcourt une alternance de zones habitées et boisées, le long de ce qui me semble être une ancienne ligne de tortillard reconvertie en sentier ou chemin de promenade. A l’entrée de Nesles la Vallée, je remarque cet enchevêtrement de petites habitations blotties dans un creux avant une plus imposante, de style normand (en fait un restau : le Dahu !) :

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Dans Nesles, j’oublie comme hier de tourner à droite devant l’église pour prendre la rue menant vers Frouville. Je dois donc faire un petit détour, mais la rue est agréable et ça n’est pas si long.

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Après une tentative d’autoportrait impressionniste (après tout je suis dans une de leurs régions de prédilection) je retrouve la ferme au « donjon » vue lors de mon repérage de la veille. Un peu avant Frouville, j’aperçois dans un champ un faisan et trois oiseaux que je suppose être des « gallinettes cendrées ». Mais dès que je m’arrête ces volatiles, visiblement habitués aux véhicules de passage, fichent le camp hors de portée… de fusil comme d’appareil photo basique.

 

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Passé Frouville, l’aspect élevage de ce coin du Vexin se confirme. Le paysage se met à vraiment ressembler à la Lorraine, au Morvan ou à la Normandie : vallonné, avec une alternance de champs, prairies parfois plantées d’arbres fruitiers, bosquets séparés par des haies. Il fait frais, 2°C me dit mon super compteur de vélo (qui mesure plein de données mais ne fait pas le café, dommage) ce que confirme l’herbe des bas côtés à l’ombre, couverte d’une rosée vestige de gelée blanche.

 

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Après Messelan, moderne hameau résidentiel « fortifié » à l’abri de son mur d’enceinte, la route débouche sur le plateau du Vexin, bien plus horizontal que sur la photo, prise « à la volée ». C’est à peu près là que je fais ma première pause, dans les aboiements d’un des nombreux élevages-pensions canins et félins de la région.

 

Dans la descente sur Arronville, je rate la photo du clocher de l’église émergeant d’un champ de colza : c’est trop bon de se laisser aller après avoir insensiblement monté pendant des kilomètres ! D’autant que c’est pour mieux remonter de l’autre côté de la vallée, vers Berville où j’arrive par une route « rapetassée » à la perfection : les rustines de goudron affleurent le revêtement et c’est à peine si on sent un léger renflement lorsqu’on roule dessus, ma parole, « ils » auraient pensé aux cyclistes ?!

 

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Je réalise que je suis suivi comme mon ombre, ce qui me réconforte, notamment lorsque je traverse la forêt humide de Berville et ses lianes arborescentes qui me rappellent mes jeux d’enfants. La route monte, pour changer ! vers le plateau du Vexin au-dessus d’Henonville.

 

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A l’entrée d’Hénonville, un panneau confirme que je suis arrivé au bord du monde, euh… non, juste du plateau d’où je descends par une rue en si mauvais état que je serre les fesses freins pour pouvoir éviter les nids de poule et autres éventuelles mauvaises surprises (automobiles conduites par des « désolé j’vous avais pas vu »). 

D’Hénonville, encouragé par les trilles des alouettes qui semblent saluer mon futur exploit, et comme surveillé par un faucon crécerelle faisant le St Esprit au-dessus d’un bas côté de la chaussée, je me dirige vers Gisors en empruntant une départementale roulante heureusement peu fréquentée : j’en ai un peu plein les cuisses de jouer aux montagnes russes et commence à songer à améliorer ma moyenne horaire, bien que je me sois dit pour « tenir » que si chaque descente se paye par une montée, chaque montée est récompensée par la descente qui vient après…

 

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Je traverse Ivry le Temple, où les Templiers nous ont laissé un magnifique golf, Fleury et son petit marché dominical (à retenir pour une éventuelle prochaine fois) avant d’apercevoir au loin ce qui ressemble à une abbaye ou un château.

 

 

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C’est Chaumont en Vexin où je préfère passer par le centre ville plutôt que par la zone d’activité, ce dont je me félicite. Quelques kilomètres plus loin, Trie Château avec sa porte, vestige de remparts, et son château  transformé en hôtel de Ville (somme toute d’aspect banal mais chut ! ne le répétez pas), annonce Gisors dont LA principale activité d’ici l’été est une « foire à tout » qu’un grand calicot annonce pour juin… quelle ambiance !

 

Ambiance confirmée par un Kéké au volant de sa grosse berline qui trouve « fun » de négocier un rond-point du centre ville en contre braquage en faisant hurler le moteur et patiner les pneus arrière.

 

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Je sors de Gisors après avoir contourné les ruines du château pour monter (pff ! encore !) sur un plateau boisé dont la physionomie est en train de changer.

 

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La forêt du Bois de Gisors traversée, la route descend sur St Paës, son moulin et la jolie D17 qui monte insensiblement vers Bézu-la-Forêt en longeant la Lévrière, paisible rivière aux nombreux méandres dans un paysage au caractère normand affirmé.

Une nouvelle espèce animale fait son apparition au-dessus de la route : de grosses mouches noires aux longues pattes pendantes, comme immobiles en suspension dans l’air. Bien qu’impressionnantes car on a l’impression d’avancer dans un jeu vidéo ou au travers d’un effrayant mobile d’Halloween pour enfant, aucune ne me gêne. Heureusement, car j’ai oublié mes lunettes de cyclisme.

 

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J’arrive à un endroit où certains tourneraient à droite pour aller à la pêche, d’autres iraient tout droit pour grimper la côte alors qu’en suivant la route, je me laisse quasiment aller gentiment jusqu’à la deuxième pause de la matinée à Bézu-la-Forêt.

 

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Je quitte Bézu et la rue de l’église, trop centrale et fréquentée, pour monter vers Gournay-en-Bray par une belle route qui serpente dans la forêt, puis en lisière de celle-ci où un vent de face commence à bien se faire sentir avant que je ne débouche sur un autre plateau. Je m’en sors vaille que vaille en m’appliquant à prendre la position de moindre résistance au vent (penché en avant, coudes au corps, mains rapprochées de la potence) 

 

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C’est par la rue des Moulins, auxquels ont succédé de modernes « œufs au miel » comme disait mon p’tit dernier, que j’arrive à 12h30 à Beauvoir-en-Lyons. Je décide non seulement de m’y arrêter pour déjeuner mais aussi de faire demi-tour ensuite. En effet, Forges-les-Eaux est encore un poil trop loin : je soupçonne qu’il me sera facile d’y arriver car je « n’aurai qu’à » descendre du belvédère où je suis, mais il me faudra remonter et le vent, ce fourbe, ne soufflera pas assez fort pour vraiment m’aider.

 

 Une boulangerie, ouverte jusqu’à 13h30 (mon estomac n’en croit pas ses yeux) me permet d’acheter deux viennoiseries pour compléter mon repas, ce que je regretterai ensuite.

 

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Je prends donc mon déjeuner dans l’enceinte de l’église : 2 sandwichs de schwarzebröt avec jambon +  salade + fromage, 1 banane, 1 petite boîte de fruits au sirop, mes 2 viennoiseries… comme disait une de mes filles : Joël Dubouchon n’est pas mon cousin ! Je suis au soleil, à l’abri du vent et des regards, avec vue panoramique sur la vallée et des voisins (au fond de la photo de droite) qui ne s’offusquent pas de ma présence.

Pourquoi avoir choisi ce lieu ? Pour son cimetière ! Je vous rassure : je ne suis pas un cyclotouriste « goth néo-romantique » (qui reste à inventer d’ailleurs). Non, tout simplement il faut savoir que contrairement aux balades en Provence où le moindre village offre une fontaine (quand ce ne sont pas plusieurs)  aux voyageurs assoiffés, trouver de l’eau potable  »dans le nord », c’est à dire au-dessus de Bollène pour le vauclusien d’origine que je suis, est mission impossible… sauf dans les cimetières… lorsqu’ils sont ouverts. Les panneaux « église » ou « cimetière » deviennent donc des repères vitaux pour le randonneur à court de boisson.

La cloche de l’église sonne la demie de 13 heures, il est temps de rentrer.

Un peu fatigué du vent qui, même de travers, semble trop souvent souffler de face, bizarrerie bien connue des cyclistes, je regarde attentivement ma carte. Je remarque alors la D241 qui semble bien sympathique puisqu’elle devrait me permettre de rouler avec le vent dans le dos tout en me rapprochant de Bézu-la-Forêt.

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Mon intuition est bonne : petite route en pente douce à travers champs, 30 à 40 km/heure sans forcer. Un gros insecte, genre bourdon, percute ma joue, bourdonne de vagues excuses et reprend son vol : en voiture, il aurait été transformé en tâche sur le pare-brise. Je traverse ensuite la forêt par de belles routes forestières

 

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La dernière d’entre elles, en fait une piste empruntée « au pif » parce qu’elle suivait la pente de moindre effort tout en allant du bon côté, me fait découvrir une magnifique « mare aux Fées » aux eaux cristallines. Mais c’est aussi un cul de sac dont je ne peux sortir qu’en faisant demi-tour (trop long et c’est en faux plat montant !) ou en gravissant une ancienne piste de débardage.

 

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J’arrive devant 2 arbres morts. Tels les piliers d’une porte mythique, ils laissent croire que je vais pénétrer dans un monde inconnu. Heureusement, une fine trace serpente, me prouvant que je ne suis pas le seul à m’aventurer ici. Après avoir erré quelques temps, je sors de cette forêt et comprends alors que ce sont indubitablement les ondines et elfes sylvains qui m’ont invité à partager un peu de leur domaine.

 

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Après être passé devant un joli manoir, j’ai le plaisir de déboucher… juste devant le pont de la rue de l’église à Bézu-la-Forêt !

Je me retrouve en terrain connu et, bien que les paysages soient différents puisque vus sous un autre angle, je n’ai (presque) plus besoin de carte pour retrouver mon chemin. Je constate que, si tout le monde veut de l’énergie pas (trop) chère, personne ne veut qu’elle soit produite près de chez soi, qu’elle soit « verte » et renouvelable ou pas (on remarquera l’état de la maison…) :

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Un peu plus loin, après St Paës, je dois remonter (ça  y est, ça recommence !) vers le Bois de Gisors. Je commence à fatiguer et ressentir les effets de mon plantureux déjeuner (pour la prochaine randonnée : penser à fractionner les repas). Heureusement, les bas côtés fleuris offrent un prétexte idéal pour une petite « pause prise de vue » bienvenue. La vraie pause, je la fais à Gisors avec un expresso à la terrasse de « La Bonne Etape » exposée plein sud.

Je repars face au vent. En passant devant la gare, je résiste à l’appel de Lahcène Séhef qui me suggère d’aller voir s’il n’y aurait pas un train pour Paris St Lazare.

Après qu’un radar pédagogique m’ait confirmé à l’entrée de Chaumont-en-Vexin que je roule à 18 km/heure, je remarque avant d’arriver à Hénonville les curieuses figures géométriques dessinées par certains champs (saurez-vous ce dont il s’agit ?) et constate que je suis toujours en bonne compagnie :

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A Hénonville, au pied de la côte-de-la-mort-qui-tue, je remarque un panneau qui signale qu’en tournant à gauche, je peux aller à Berville. Je n’avais pas osé passer par là à l’aller mais je tente le coup et constate que j’y gagne en temps et facilité.

Décidemment d’humeur aventureuse, j’expérimente ensuite la « voie verte du Sausseron » après Nesle-la-Vallée, en réalité un « sentier pédestre touristique » peu agréable à rouler :         

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Il en va de même de la promenade « accessible aux vélos » (parait-il) le long de l’Oise, pourtant bien agréable :

17042011057.jpg(il a fallu que je porte le mien !)        17042011058.jpg

Mon compteur de vélo affiche 19h05 et 179km lorsque j’arrive un peu lessivé sur le quai de la gare de Méry-sur-Oise : dans 20 mn, mon train sera là, j’en sais un peu plus sur mes capacités et ressens surtout une très forte envie de réitérer l’expérience.

Mais si c’est avec le même vélo, je tâcherai de changer les pneus pour des plus fins et roulants ! car les b’twin tous chemins en 700×42, c’est pratique sur chemins (encore que…) ou en hors piste forestier mais sur route on se sent un peu aux commandes d’un tracteur…

Le tracé de ma randonnée, si j’ai réussi à vous donner l’envie de la faire : cliquer ici

Quelques explications : pour afficher l’itinéraire et son profil, cliquer sur « impression du parcours »

La traduction des 5 parties du profil justement :

  1. Vexin français : la première série de « montagnes russes »

  2. Hénonville -> Gisors : la partie quasiment plane (route départementale en plaine)

  3. Gisors et sa forêt : la « bosse » au sommet aplati

  4. la D17 entre St Paës et Bézu la Forêt : la montée régulière avec quelques pics

  5. Bézu la Forêt -> Beauvoir en Lyons : la grosse bosse finale se terminant en plateau

Une Réponse à “Enghien Dieppe : 50% !”

  1. sysy dit :

    Le champ bien dessiné, ce sont des asperges.

    J’ai croisé ton parcours perpendiculairement à Gisors en 2009, par la voie verte de la vallée de l’Epte. C’est beau le Vexin.
    http://darksysy.wordpress.com/2009/08/31/dreux-chantilly/

    Merci Sysy : tu es le premier à fournir une réponse, correcte qui plus est ! Tu a donc gagné… mon estime ! et merci pour le lien vers ta balade, je vais y jeter un oeil car désormais, les distances un peu longues ne me font plus peur. J.Jacques

    J’y suis repassé à mon retour de Dieppe : ce sont des patates ! les pommes de terre sont « buttées » afin, je suppose, de faciliter leur ramassage mécanique. Nous avions donc tort tous les deux.

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