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Veni, Vidi, Vici

Posté par Jean-Jacques le 21 février 2011

Et bien ça y est ! Je peux dire « veni, vidi, vici » ! et vous m’avez raté en tenue « full Raymond Boyaux » (voir lexique). 

Attention mesdames et messieurs dans un instant, ça va commencer, installez-vous confortablement devant votre écran : 

Il est 5h, JJ s’éveille. A pas de loup pour ne pas réveiller ma fille aînée, je descends faire une toilette de chat, m’habiller, prendre un petit déjeuner léger (le dîner fut solidement étayé par des pâtes), puis embarquer ce que j’avais préparé la veille (biscuits secs, petit sac à dos avec chaussures à cales et tenue de pluie, bidon 750ml) avant de rejoindre le quai de la gare. Oui, je le reconnais, j’ai été petit joueur en faisant Enghien > Paris en train. 

Gare du Nord vers 6h28, j’enlève les chaussures de sport pour enfiler les chaussures à cales et c’est parti vers Joinville le Pont. Comme je ne suis plus trop sûr ni du trajet ni de la distance (j’ai oublié la carte routière… acte manqué pour m’obliger à suivre la randonnée jusqu’au bout ?) j’ai tendance à rouler un peu vite. Et j’arrive sans encombre vers 7h15 chez Gégène (une guinguette des bords de Marne). Je sors alors l’équipement de pluie que j’enfile pour ne pas trop me refroidir. Nicolas me rejoint un peu avant 8 heures et nous taillons une bavette avant que le reste de la bande ne rapplique. 

Nous avons fière allure :  Youri, un p’tit gars en tenue « normale » sur une randonneuse à clavettes et cale pieds à sangles qui ne fera qu’un bout de chemin. Mathieu sur vélo en plastique tout carbone avec des chaussettes montantes qui lui causeront bien du souci plus tard, Clément sur sa randonneuse à pédalier « bling-bling »  de rappeur du Bronx (Séguéla : si à 50 ans t’as pas un pédalier plaqué or, t’as raté ta vie), Christophe et son Carlos (dont l’arrivée lumineuse me démontre la puissance de la B&M Ixon IQ que je me suis offerte à Noël) et enfin François sur son Surly couleur « jus de viande » avec sacoche de guidon format malle poste et moi, sur mon N°1 avec garde boue arrière rouge, porte paquet et U accroché au cadre, en duo à tenue noire et jaune comme échappés d’un « Team Banque Postale ». 

Et nous voilà le long de la Marne. Alors que nous longeons un immense plan d’eau, parfait pour l’aviron ou les records de vitesse en kitesurf et autres planches à voile, Clément signale à Christophe que sa lampe B&M prend de la gîte et menace de se séparer de son support. Nous nous engageons ensuite sur les petites routes en plus ou moins bon état de l’itinéraire concocté par François… qui connaît  le secteur comme sa poche puisqu’il nous a fait couper au travers de zones pavillonnaires improbables, notamment en empruntant un passage piéton dont l’entrée est condamnée par un « ballon de foot » en fonte (si vous avez un peu de talent et de peinture, y’a des caméras cachées à faire !) et la sortie barrée par une chicane où nous avons du mal à nous faufiler. 

Petite pluie, mais qui mouille bien quand même, vent de face ou de côté, faux plats, côtes pas méchantes mais qui font chuter le rythme et cassent les pattes… enfin, je parle pour moi car devant, Mathieu mouline malgré le (ou à cause du) froid humide qui a transformé ses extrémités (mains et pieds) en appendices d’Homme-Crabe (froids, rouges et rigides) quant à François et Christophe, ils enroulent du ruban de bitume avec une régularité rassurante mais parfois agaçante. 

Après une première pause biscuits, halte bienvenue au… « Bienvenu » où nous pouvons, sinon sécher, du moins réchauffer nos gants sur un radiateur et nous réconforter avec du chocolat chaud à prix raisonnable, des biscuits, des paroles… Mon U rassure Mathieu car j’ai attaché son vélo avec le mien, devant tous les autres, dans la plus pure tradition des « vélopots ». 

½ heure après, il me semble, nous repartons à l’assaut. Clément « Œil de Lynx » remarque ma roue AR : « JJ, t’as les 1ers pignons qui se barrent. Celui qui t’a prêté cette roue ne t’a pas fait un cadeau » et à Christophe qui rapplique avec le reste de la bande « Christophe, y’a JJ qui est en train de ruiner ta roue libre ». Mais le Destin veille car au moment de réparer « Laissez les gars, j’ai mes gants d’atelier » (réactions admiratives de l’assemblée devant tant de prévoyance) il s’aperçoit qu’il a pris deux gants droits… ce qui vaut tout de même mieux que deux mains gauches reconnaissez-le ! 

Plus vraiment de côtes désormais mais les « bosses » de ponts enjambant des autoroutes et autres voies ferrées. Je rame pour grimper et fais « chauffer la plaque » en redescendant pour rattraper les échappés. Sur un faux plat montant, je sens arriver comme une amorce de crampe ou crispation dans le mollet droit. Je m’applique à pédaler rond, me décontracte mentalement en respirant plus amplement et régulièrement et ça passe. 

Remarque de Clément : « à vélo, on en bave, on se traîne, on croit qu’on va mourir, et  5  mn après, on revit sur une portion roulante ». 

Un peu après, au bout d’une longue ligne droite en forêt fermée par un virage à gauche, j’entends beugler derrière moi : le conducteur d’une voiture qui voulait doubler a réalisé qu’il n’avait plus le temps ni la visibilité et a failli encastrer son pare-choc dans le pédalier de Clément ! Ce fut le seul incident, les rares automobilistes ayant patienté ou donné un léger coup de klaxon pour avertir de leur dépassement. 

Et c’est comme cela que nous arrivons au « chemin empierré roulant » justement. Une ancienne voie ferrée reconvertie en voie verte qui serait bien agréable si elle n’était en réalité une version édulcorée de l’ « Enfer du Nord ». J’en viens à regretter les routes en mauvais état. Clément se félicite d’avoir des pneus en 35. Le dos et l’arrière des jambes de Mathieu prennent une belle teinte café au lait. Bien fait : il n’avait qu’à avoir des garde-boue comme nous. Je me paye une chute de pingouin dans l’herbe avant de traverser une des nombreuses routes qui coupent la voie verte, « pinaise de chaussure à cale », mais, ayant retenu les leçons du sujet « comment chuter » du forum, je me relève en rigolant sous l’œil inquiet de Papa François « ça va ton bras ? ».

Bref, tout va bien et c’est en chantant que nous traversons une ZAC de Brie-Comte-Robert : http://www.dailymotion.com/video/x5ci4x_collaro-brie-comte-robert_fun

Clément nous quitte ensuite et c’est donc un quatuor, puis un trio après le départ de François, qui arrive à Joinville après que Christophe ait encore une fois mérité son surnom de Bicyle Repair Man. 

En effet, tout le trajet avait été gâché par le frottement, à intensité variable, de mon garde-boue arrière. C’est lorsque la roue s’est mise à se désaxer malgré un serrage « bourrin » qu’il a trouvé la solution. Après m’avoir conseillé de pédaler en douceur (je ne développe quand même pas la puissance de Sylvain, ça se saurait) il recale la roue bien en arrière, règle le garde-boue et miracle, je termine en silence avec le seul cliquetis de la roue libre dans les descentes : c’est donc cela qui m’avait ruiné les jambes et les poumons pendant toute la randonnée ! 

Après avoir quitté Mathieu et ses chaussettes imbibées d’eau qu’il n’a cessé de remonter sur les ¾ du trajet, je rentre sur la Gare du Nord en me surprenant, tel Obélix affamé ou le Capitaine Haddock assoiffé, à faire l’inventaire des victuailles qui m’attendent : 2 parts de pizza un peu racornies… hummm pizzaaa… steak, haricots verts, fromage, poire… J’ai le temps que constater que, mine de rien, j’ai rattrapé à République le gros 4×4 qui m’avait doublé un peu après La Bastille. 

J’enlève chaussures à cales et chaussettes trempées, mais chaudes malgré tout, essuie mes pieds, enfile mes chaussures de sport (la prochaine fois, prévoir des chaussettes de rechange) et prends le train, range mon vélo (tiens il est 14h12), mange et m’écroule sur le canapé, enroulé dans une couette tel une chenille avant sa transformation. 

Lorsque je me réveille 1 heure plus tard, je n’ai toujours pas les jambes de Contador (la faute au steak « propre » ?) mais après une bonne douche, je me sens comme neuf : super journée ! 

Moralité : François, Georges et Christophe, c’est à vous « Hier encore, j’avais 20 ans… » et je réalise que les 200 km du BRM de Noisiel ne sont sans doute pas encore à ma portée, entre autres à cause de mon  fondement qui commençait à ne plus me supporter (faut qu’je perde 10 kg au-dessus de la ceinture) et de mon coude gauche encore sensible sur une telle durée d’effort. Bref si j’y vais, pas certain que je tienne la distance… on verra bien. 

Moralité bis : que celles et ceux qui pourraient encore hésiter se lancent dans le prochain entrainement de la Team Vélotaf ! Je leur tiendrai compagnie pour faire les voitures balai !! 

Pour en savoir plus, le lien vers l’itinéraire : http://www.routeyou.com/route/view/296720/randonnee-a-velo-100-bornes.fr remarquez l’aspect général de ce parcours : ne dirait-on pas le profil de la tête d’un cycliste filant vers l’Est, nez (en trompette) et cheveux au vent en sifflotant ?

 

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