Rouler à vélo n’est pas (toujours) descendre un long fleuve tranquille

Posté par Jean-Jacques le 30 décembre 2009

07-02-2009 : Salut à tous depuis le cybercafé du coin de la rue : me revoila enfin, sur le web à défaut de sur mon vélo.
En effet la fin d’année 2008 a été marquée par une gamelle retentissante, à deux pas d’une piste cyclable… non signalée là d’où je venais.
C’est à Franconville (95) où trône l’imposante silhouette d’un magasin d’ameublement d’une célèbre marque suédoise (« biiip ») visible depuis la A15

Lors d’un réaménagement en profondeur de la chaussée entre le fameux « biiip » et le centre ville, l’expression « la ligne blanche continue (jaune à l’époque de mon permis) est un mur » a été prise au pied de la lettre : elle a été matérialisée par un muret d’env. 20cm de large sur 10 de haut, interrompu pour les passages piétons ainsi qu’au niveau des rues affluentes et des sorties de parking ou de garage des riverains.
Dans le sens « biiip » => centre ville, rien n’indique qu’une piste cyclable à double sens de circulation se trouve du côté des habitations. Aménagement logique si on considère qu’il a été fait pour les riverains qui, en famille ou pas, veulent se rendre à vélo  soit dans la zone commerciale adjacente, soit dans le centre ville sans avoir à traverser cette chaussée à fort trafic.
Moins logique si on se place du point de vue du cycliste de passage qui, s’il cherche une piste cyclable, s’attend à la trouver du côté de son sens de circulation et clairement signalée, la suite va le prouver.

Nous sommes lundi 8 décembre, il est un peu plus de 19h30, il fait nuit, ça caille « sa race » dirait un djeune prédélinquant (ou supposé tel) et je dois rentrer rapidement à la maison à 20mn de là env. car les enfants ont classe le lendemain
Je prends le rond point devant « biiip » puis la fameuse rue ou avenue qui mène vers le centre ville, et de là à Sannois et Argenteuil.
Je vois bien la version miniature du mur de Berlin (ou de Palestine) qui sépare la chaussée : infranchissable mais comme je roule à bonne allure, c’est à dire aussi vite que les 2-3 voitures qui me précèdent, je ne me pose pas de questions, d’autant qu’aucun panneau ou marquage au sol n’indique un début de piste cyclable.
Dans la descente vers le centre ville, une dépanneuse charge un véhicule sur son plateau. Je suis les voitures qui déboîtent à la faveur d’une interruption dans le fameux muret. On parcours ainsi une dizaine de mètres avant de se rabattre.
Et c’est là que je réalise que les voitures ont mordu (me semble-t-il, à moins que j’aie commis l’erreur de me rabattre trop large) sur le début de la reprise du muret que je vois brusquement apparaître devant ma roue : freinage illusoire, pas le réflexe de lever la roue avant (cela aurait-il suffit d’ailleurs ?) et coup de guidon impossible en raison de l’angle et de la vitesse d’arrivée.
J’ai juste le temps de penser « P*tain ! c’est pour moi ! » avant de reprendre mes esprits au moment où les pompiers me ramassent sur la chaussée. Du coin de l’oeil, je vois une flaque de sang et mes lunettes dont la monture est devenue cubiste.

Bilan
Moi : double fracture ouverte de l’avant bras gauche (comme un 2ème coude) avec pose de quincaillerie (broche haubannée pour un os car fracture près de la tête côté poignet -les toubibs comprendront- plaque vissée pour l’autre os), fracture de la pommette droite, quelques points de suture sur l’arcade sourcillière droite et la tempe (merci les lunettes), plus diverses « pizzas » et hématomes plus ou moins sévères (visage et côté droit : épaule, coude, cuisse, genou) 1 sem d’hospi et arrêt de travail jusqu’au 15-03-09
Mon vélotaf : presque rien hormis quelques éraflures (merci Ste Bicyclette) les 2 lampes Sigma HS (merde, à 25€ pièce…) et les piles accus perdues
J’ai reconstitué le film : la roue avant se « plante » en biais dans le muret, me projetant sur la gauche, j’envoie instinctivement les bras en avant : c’est donc l’avant bras gauche qui sert d’amortisseur puis me renvoie finir ma chûte sur le côté droit.
Merci le casque (un peu râpé) les gants aux coutures éclatées (rien aux mains sauf contusions) et le type de la dépanneuse (je suppose) qui a averti les secours.

Moralité : de nuit, sur une route inconnue, mieux vaut ne pas rouler trop vite ni suivre de trop près les véhicules qui vous précèdent

Moralité (bis) : la logique d’un aménagement routier ne correspond pas forcément à celle de tous utilisateurs concernés et dans ce cas, sa signalisation se doit d’être exemplairement claire et visible

Bon, maintenant que j’ai à peu près récupéré la mobilité des doigts de la main gauche, reste la rééducation du poignet et du bras… Je vous donnerai des nouvelles un de ces jours. Prudence et bonne(s) route(s)

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